Le 9 janvier 2025, Trade Republic lançait son PEA (Plan d'Epargne en Actions), et les sceptiques étaient nombreux. Comment une néobanque allemande allait-elle pouvoir concurrencer des géants bien installés comme Boursobank ou Fortuneo, avec leurs PEA à frais réduits ? Pour comprendre, il fallait ainsi tester l'application. La promesse : une ouverture en 5 min et des ordres affichés à 0 € pour les "plans d'épargne programmés". Ce dernier point était le plus intrigant car, jusqu'à présent, l'investissement automatique était le monopole de l'assurance-vie.

Déplacer son PEA chez Trade Republic a été beaucoup plus rapide que prévu : l'affaire de quelques jours. La prise en main est facile, l'interface épurée : on retrouve son PEA dans la section Épargne, les graphiques de chaque action ou ETF s'affichent immédiatement avec des échelles de temps comme "un jour", "une semaine", "un an" et "max". On a ainsi une vue globale du portefeuille qui permet de suivre sa performance, le total de ses versements et de ses plans d'épargne, d'un seul coup d'œil. Là fut la première grande différence par rapport aux autres applis : la lisibilité. Plus besoin d'aller chercher les graphiques sur Google : ils sont là. Quelques bémols tout de même sur la navigation : quand on se trouve dans une section, appuyer sur le bouton retour ferme l'application. Il faut balayer vers le bas pour revenir en arrière.

© Capture d'écran Trade Republic

Le plan d'épargne sur PEA, une première en France

Ce qui motive beaucoup de clients à passer chez Trade Republic, ce sont les plans d'épargne sur PEA. Jusqu'ici, les investissements programmés automatiques n'existaient que sur les assurances-vie. Trade Republic les propose désormais directement dans le PEA. BoursoBank l'a fait à peu près au même moment, mais avec une offre limitée à 8 fonds BoursoInvest seulement. Et chez Trade Republic, c'est sans minimum et sans frais.

Le principe : on choisit une action ou un ETF éligible au PEA parmi les 2 000 disponibles sur la plateforme, on fixe un montant maximum à investir, et on définit la fréquence de déclenchement – toutes les semaines, deux fois par mois, chaque mois ou tous les trois mois. Le plan s'exécute automatiquement, sans intervention. L'argent est prélevé sur le compte courant (rémunéré au cours de la BCE, c'est-à-dire 2 % brut actuellement) si la poche PEA est vide.

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Deux points techniques à bien comprendre avant de se lancer. D'abord, contrairement au compte-titres, le PEA ne permet pas d'acheter des fractions d'actions. Au moment de l'exécution, le plan achète le plus grand nombre d'actions possible dans la limite du montant fixé. Si le cours d'une seule action dépasse ce montant le jour J, le plan ne s'exécute pas : il vaut donc mieux prévoir une marge suffisante. Ensuite, ces plans ne sont pas des ordres à cours limité : ils s'exécutent au prix du marché le jour prévu.

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L'atout des plans d'épargne

Ce n'est pas un hasard si Trade Republic a rendu ses plans d'épargne gratuits : une grande partie de la communication du groupe est basée sur les atouts de l'investissement long terme, programmé, avec discipline. Cela réduit mécaniquement le risque et lisse le point d'entrée. Le Senior Advisor de l'entreprise, Matthias Baccino, le répète souvent lui-même. On appelle cela le DCA, ou investissement programmé régulier (Dollar Cost Averaging) : en achetant à intervalles réguliers, on achète parfois haut, parfois bas, mais on lisse mécaniquement son prix de revient moyen.

Sur un ETF World, la méthode a montré sur une longue période des résultats supérieurs aux tentatives de "timing" du marché, qui consistent à essayer de deviner le bon moment pour investir. Personne ne le fait bien de façon constante, pas même les professionnels – encore moins les particuliers.

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Et pour ceux qui veulent conserver la main sur leurs ordres ponctuels, il reste possible de passer des ordres classiques (au marché ou à cours limité), au prix fixe de 1 euro par transaction. Une nuance toutefois : pour les ordres inférieurs à 200 euros, afin de ne pas dépasser le plafond prévu par la loi Pacte, la tarification est alors de 0,5 %. Par exemple, pour un ordre d'environ 12 euros, les frais s’élèvent à 6 centimes. Il n'y a pas de minimum d'ordre chez Trade Republic.

Il faut savoir que la plateforme exécute les ordres via LS Exchange, une place de marché privée, et non directement sur Euronext. Et, comme partout, il existe un spread au moment de passer son ordre : la différence entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur à l'instant T. C'est un coût invisible qui revient à LS Exchange. Cela existe sur toutes les plateformes et dans toutes les banques.

En pratique, ce spread est raisonnable sur les ETF les plus liquides achetés pendant les heures d'ouverture d'Euronext (de 9h à 17h30). Il devient plus significatif sur les petites capitalisations, les produits peu échangés, ou si on passe un ordre en dehors des heures de marché. Trade Republic affirme le surveiller et le comparer en temps réel avec les autres places de cotation.

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