
Créé par la loi Pacte en 2019, le plan d’épargne retraite (PER) individuel est devenu, en l’espace de seulement quelques années, un placement grand public, avec pas moins de 11 millions de détenteurs fin 2024. Cela tient d’abord à sa souplesse. Contrairement aux anciens dispositifs d’épargne retraite, le PER ménage désormais une porte de sortie à ses titulaires. Si, en principe, l’argent qui y est déposé est bloqué jusqu’à la retraite, il est en réalité possible de le «sortir» avant cette échéance en cas d’événements douloureux (invalidité, décès, surendettement…), mais aussi pour l’achat de sa résidence principale.
Second argument qui fait mouche auprès des Français : son avantage fiscal. Les versements effectués sur un PER sont en effet déductibles du revenu imposable, et cela dans des limites plutôt confortables, puisqu’un salarié peut ainsi retrancher jusqu’à 10% de ce qu’il gagne tous les ans (dans la limite de 37094 euros en 2025). En échange de cet avantage «à l’entrée» (comprendre : sur les versements), il devra en revanche s’acquitter de l’impôt au moment de retirer son capital («à la sortie»). Toutefois, l’épargnant peut espérer que sa tranche marginale d’imposition soit alors inférieure à celle qui était la sienne pendant sa vie active, en raison de la baisse de revenus liée à la retraite. S’il bascule de la tranche de 30% à celle à 11% par exemple, il sera gagnant : il aura obtenu l’avantage fiscal à 30% et ne paiera de l’impôt qu’à 11%.
Un placement intéressant à partir d'une TMI à 30%
Avantageux pour les hauts revenus. Ainsi, «le PER est un excellent outil qui permet de réduire son impôt durant la période de sa vie à laquelle on est le plus imposé», commente Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct.fr. Mais ce n’est pas tout. «Cet avantage fiscal offre une capacité d’investissement supplémentaire : ce qu’on économise en impôt peut être versé sur son PER, et fructifier sur la durée. L’Etat vous fait bénéficier d’une sortie de prêt gratuit pour préparer votre retraite», illustre l’expert. Cela n’est toutefois pas profitable à tous les contribuables : on considère que le PER devient intéressant à partir d’une imposition à 30%, et a fortiori au-delà, à 41 et 45%. Pour les particuliers peu ou pas imposés, une assurance vie fera tout aussi bien l’affaire pour anticiper ses vieux jours, si le bénéfice fiscal n’est pas au rendez-vous. Immobiliser ses fonds durant plusieurs décennies n’a pas de sens sans avantage fiscal.
Toutefois, ce blocage peut aussi être profitable : en effet, plus on a de temps devant soi, plus on peut investir sur des actifs dynamiques – notamment des actions, qui offrent les meilleurs rendements sur le long terme – sans risque de sortir au pire des moments, puisque les retraits doivent être justifiés : «Comme on sait qu’on est embarqué pour plusieurs années, on ne va pas être effrayé à chaque fluctuation de marché, ni tenté de retirer son argent», explique Jean-Baptiste de Pascal, directeur général d’Inter Invest.
Exemple cette année : malgré le krach d’avril dernier, les marchés boursiers se sont bien repris, et les performances des PER investis en actions devraient être importantes. Idem sur la partie souscrite en obligations – puisque les taux se maintiennent à un niveau élevé – ainsi que pour les fonds en euros, dont le rendement devrait être au moins égal à celui de 2024. Un PER s’apparente en effet à une assurance vie pour ce qui est de sa composition : avec une partie garantie en capital (le fonds en euros) et une partie investie sur des supports plus risqués, les unités de compte – en actions, immobilier, entreprises non cotées en Bourse…
Attention aux effets négatifs du «pilotage automatique»
Toutefois, spécificité du PER, l’épargnant n’a pas toujours la main sur la répartition entre fonds en euros et unités de compte. Ce produit d’épargne vous sera proposé par défaut avec une gestion profilée dite «à horizon». Ainsi, votre portefeuille sera plus ou moins risqué selon le nombre d’années qui vous séparent de la retraite, et selon le profil de risque choisi (prudent, équilibré, dynamique ou offensif). Le principe est simple : plus la date fatidique approche, plus votre allocation sera basculée vers des investissements sécuritaires, afin que vous ne risquiez pas de tout perdre à la veille de votre pot de départ.
Attention aux frais associés. L’inconvénient de ce «pilotage automatique», c’est qu’il n’incite pas toujours à aller voir la façon dont on s’occupe de votre argent : «Sur le PER, les épargnants ont davantage tendance à laisser le produit vivre, car ils n’y toucheront pas avant plusieurs années et qu’il est piloté par l’assureur», confie Eric Rosenthal. Or cela peut vous coûter cher, car les écarts de performance entre deux produits sont parfois considérables : selon Good Value for Money, en 2024, pour un épargnant fictif de 35 ans, la meilleure gestion profilée dynamique du panel aurait enregistré un rendement annuel de 12,70% net de frais, contre 0,60% seulement pour la moins bonne. En gestion équilibrée (à vingt ans de la retraite), la plus performante aurait affiché 11,70%, contre 1,35% pour la pire. Et en gestion dynamique (à dix ans), l’écart se réduirait à 6,30%, contre 2%.
Que faut-il privilégier pour dénicher le meilleur contrat ?
Aussi, comment s’assurer de dénicher le bon contrat en 2026 ? Pour ce qui est de la performance, «mieux vaut consulter l’historique et le rendement moyen sur plusieurs années. C’est en effet un produit que l’on est censé conserver sur le long terme, conseille Ronan Guesnerie, de Linxea. Une mauvaise année ne veut toutefois pas dire que la gestion est mauvaise.» En l’absence de telles données, le niveau des frais est également un critère déterminant. «Ce qui fait un bon PER : transparence et faiblesse des frais», affirme Xavier Prin, directeur commercial et communication de BoursoBank.
Il est vrai que sur une durée d’épargne de vingt ou trente ans, voire plus, les frais, tels ceux de gestion – prélevés chaque année sur votre encours –, peuvent amputer considérablement votre capital final. Pour comparer les contrats, on pensera à demander pour chacun, «le tableau standardisé qui liste tous les frais d’un PER : frais de gestion, des UC, sur versement, coût d’adhésion, frais de la gestion pilotée…», préconise Guillaume Derrien, chez Garance. Cela, sans jamais perdre de vue la performance : «Il est toujours plus judicieux d’avoir le PER le plus performant que le moins cher en frais», conclut Jean-Baptiste de Pascal.
>> Notre service - Comparez les performances des plans d’épargne retraite (PER) grâce à notre simulateurTaux servi en 2024 : 2,5% (fonds en euros)
Risque : nul à élevé
Durée : jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé)
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