
En période de turbulence, le réflexe naturel reste de vouloir « sécuriser » son épargne. Mais sécuriser ne veut pas dire vendre ou vider son PEA pour placer ses liquidités sous le tapis. Non seulement cela peut coûter cher fiscalement, mais en plus, vous expose à l'inflation, qui sera toujours là pour grignoter votre capital.
Désinvestir n'est donc pas la solution, surtout en 2026, où l'éventail d'ETF disponible ne fait que grandir. Il en existe plusieurs qui sont accessibles sur PEA et se révèlent très intéressants en temps de crise…
À condition de bien choisir : tous ne tiennent pas leurs promesses (nous avions déjà parlé du BX4 dans un article sur la crise, qui n'est pas à garder sur le long terme et ne sera donc pas évoqué ici), et certains ont des contraintes de disponibilité selon votre courtier. Tour d'horizon des bonnes et mauvaises idées.
La défense européenne, un secteur qui sourit à la crise
Depuis le début des tensions dans le Golfe, alors que les indices mondiaux vacillaient, les valeurs de défense européennes, elles, s'envolaient. Le réarmement du continent, accéléré par la guerre en Ukraine et les injonctions américaines à l'autonomie stratégique, a largement profité à des titres comme BAE Systems, Thales ou Leonardo.
Un seul ETF vous permet d'y accéder directement via un PEA : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defence UCITS ETF (ISIN : LU3047998896), lancé en mai 2025 sur Euronext Paris. Il suit l'indice Bloomberg Europe Defense Select, avec des frais de gestion de 0,18 %. Son concurrent direct, l'ETF Amundi STOXX Europe Defence, n'est lui pas éligible au PEA ; une confusion fréquente à éviter.
Attention notamment : si le secteur est peu sensible aux cycles économiques classiques et structurellement soutenu par les budgets gouvernementaux européens (qui se sont engagés sur des hausses de dépenses militaires), cet ETF est un pari sur la durée du contexte géopolitique actuel. Un cessez-le-feu pourrait être brutal.
Comment avoir de l'or sur son PEA ?
C'est le réflexe classique en période trouble : acheter de l'or. Sauf que, voilà, les ETC or (comme l'iShares Physical Gold ou l'Amundi Physical Gold) ne sont pas éligibles au PEA. Le PEA est réservé aux actions et aux fonds investissant en actions. Les matières premières pures en sont donc exclues.
Il existe néanmoins un contournement imparfait : l'iShares Diversified Commodity Swap UCITS ETF (ISIN : DE000A0H0728), dont la version allemande est éligible au PEA via réplication synthétique. Il suit le Bloomberg Commodity Index et couvre cinq familles de matières premières : l'énergie (~30%), l'agriculture (~28%), les métaux précieux dont or et argent (~18%), les métaux industriels (~17%) et le bétail (~5%). Ses frais de gestion sont de 0,46 %.
Si on peut noter que, sur un an, il a fait une très belle performance de +36 %, il faut aussi rester lucide sur le fait que l'exposition à l'or y est partielle : autour de 14-15 % de l'indice. Concrètement, si l'or monte de 10 %, l'ETF ne montera pas de 10 % : le cours dépend aussi du pétrole, du blé, du cuivre, du soja.
Si vous souhaitez une exposition pure à l'or, deux options hors PEA : passer par un CTO avec un ETC adossé à de l'or physique, ou tout simplement acheter de l'or en pièces ou lingots via des plateformes spécialisées.
Faut-il parier sur l'obligataire court terme ?
Moins spectaculaire, mais très utile en gestion active : les obligations court terme. Sur PEA, il y a l'Amundi PEA Euro Court Terme UCITS ETF (ISIN : FR0013346681, ticket : OBLI), conçu pour rémunérer les liquidités d'un PEA sans les retirer de l'enveloppe. Il suit le taux €STR, le taux au jour le jour interbancaire de la zone euro, avec des frais de 0,25 %. Sur un an, il affiche environ +2,5 %. L'avantage : cet ETF permet de garder une certaine rémunération en attendant de réinvestir sur des positions plus offensives quand les marchés se stabiliseront.
Mais attention : le rendement suit mécaniquement les décisions de la BCE. Si les taux directeurs baissent, un scénario pas improbable dans les prochains trimestres, le rendement s'érodera en même temps.
Il suffit de regarder la performance sur cinq ans pour comprendre : durant la période de taux négatifs, la perte sur cet ETF a été réelle (-10,65 % sur les cinq dernières années). Il faut donc rester au fait de l'actualité.
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