
Le Plan épargne logement a longtemps été perçu comme le placement réflexe pour préparer un achat immobilier. Pourtant, pour de nombreux épargnants concernés par la clôture automatique des PEL ouverts après 2011, la question n’est plus de savoir s’il faut le conserver, mais surtout quoi faire de l’argent récupéré. L’enjeu n’est plus seulement bancaire : il devient patrimonial, avec des arbitrages qui peuvent avoir un impact direct sur le rendement futur de cette épargne.
Depuis la réforme de 2010, les PEL ouverts à partir du 1er mars 2011 sont automatiquement clôturés après 15 ans. Depuis mars 2026, les premières fermetures ont commencé, et près de 3,2 millions de PEL, soit environ 36 % des plans existants, devraient être concernés par cette échéance d’ici 2030. Dans les faits, peu de détenteurs utilisent encore réellement les droits à prêt attachés au PEL. « Franchement, c’est un outil auquel on a très peu recours quand les gens font des acquisitions. Souvent, on le casse, ils prennent l’épargne et ils s’en servent comme apport », explique Patrick Lecuirot, président du groupement de courtiers et CGP indépendants Conseillons Ensemble.
Garder de la liquidité, puis chercher du rendement
Premier réflexe conseillé par les professionnels : ne pas replacer l’intégralité de la somme sur un seul support. Avant même de parler rendement, il faut conserver une réserve de sécurité. pour faire face aux imprévus du quotidien : coup de mou financier, panne de voiture, remplacement d’un électroménager ou dépense de santé imprévue.
« L’alternative, déjà, c’est de mettre sur ces livrets six mois de salaire », recommande Patrick Lecuirot. Il conseille ainsi de conserver une épargne de précaution sur des livrets réglementés, et de remplir en priorité le LEP pour les épargnants éligibles, « il est boosté », précise-t-il, avant d’orienter le reste vers une assurance-vie, notamment via des fonds euros sécurisés. Certains contrats affichent encore des rendements supérieurs à ceux du PEL récent, sans prise de risque excessive.Certains contrats affichent encore des performances supérieures à celles du PEL récent, tout en conservant un cadre rassurant pour les profils prudents.
L’erreur classique : suivre uniquement l’avis de sa banque
Le principal piège, selon lui, consiste à demander uniquement à sa banque quoi faire de ce capital. « Le principal mauvais réflexe, c’est de poser la question uniquement à son banquier, parce qu’il a un parti pris : il représente une enseigne », prévient l’expert en placement bancaire.
Certaines solutions proposées par défaut, placements bancaires standardisés, compte sur livret fiscalisé ou produits mal compris, peuvent s’avérer peu adaptées au profil du client. Il cite même le cas d’un client ayant perdu 15 000 euros sur une assurance-vie mal orientée, largement investie sur des produits structurés. À l’inverse, laisser plusieurs dizaines de milliers d’euros dormir sur un compte courant reste l’un des pires arbitrages possibles. « On avait des clients avec 300 000 euros sur leur compte courant. Ils n’ont jamais voulu placer parce qu’ils ne comprenaient pas », raconte Patrick Lecuirot
Pour les seniors, penser aussi à la transmission
Lorsque le PEL arrive à échéance chez un profil senior, la réflexion peut dépasser la simple rentabilité. La clôture peut devenir l’occasion d’anticiper la transmission patrimoniale.
Patrick Lecuirot rappelle qu’une donation anticipée peut éviter une fiscalité successorale plus lourde. « Beaucoup de gens omettent la partie donation. En anticipant, donner tous les dix ans jusqu’à 100 000 euros par enfant reste faisable », souligne le professionnel.
La clôture d’un PEL ne doit pas être subie comme une contrainte, mais envisagée comme une opportunité de repenser sa stratégie d’épargne. Encore faut-il éviter de laisser cette décision se faire par automatisme, sans véritable réflexion patrimoniale. Se faire accompagner et confronter plusieurs avis d’experts peut aussi s’avérer judicieux pour choisir la solution la plus adaptée à son profil et optimiser réellement le rendement de son capital.
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