En moyenne, 85% des personnes interrogées se disent méfiants en ce qui concerne leur capacité à emprunter, le rendement de leur épargne et l’évolution des prix de l’immobilier. C’est la tendance selon le dernier baromètre de l’épargne et des placements Odoxa-Groupama pour Capital et BFM (d’après une enquête réalisée sur un échantillon de 996 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus). Leurs craintes sont, sans surprise, maximales sur « la situation politique internationale » pour 93% d’entre elles, avec juste derrière la situation économique de la France (92%) et la fiscalité et les impôts (90%).

D’ailleurs, un tiers des épargnants interrogés (33%) assure que la guerre au Moyen-Orient a modifié ou va modifier leurs comportements d’épargne : 12% disent avoir déjà été incités à modifier leurs comportements d’épargne à cause de la guerre et 21% assurent qu’ils vont les modifier prochainement. Mais cette modification se fera en effectuant des placements encore plus « sûrs ou plus prudents » (74% l’envisagent).

L’inquiétude augmente

L’inquiétude qui augmente se voit dans les chiffres surtout. Depuis novembre dernier, la part des investisseurs sondés se sentant « plus confiants » a été divisée par plus de deux par rapport à son niveau du premier semestre 2025. Depuis six mois, les « optimistes » oscillent entre 15% (novembre 2025) et 18% (février 2026) avec un niveau actuel à 16%, alors qu’ils étaient entre 32% et 37% tout au long du premier semestre 2025.

Ainsi en un an, entre avril 2025 et avril 2026, la part des « confiants » est passée de 37% à 16%. « Nous vivons une situation de blocage : le contexte international accentue les angoisses des épargnants, déjà très pessimistes depuis des mois sur le rendement de leur épargne, analyse Gaël Sliman, président d’Odoxa. Ce contexte les motive plus que jamais à modifier leurs comportements d’épargne vers plus de sécurité en désertant les placements classiques qu’ils jugeaient les plus sûrs ».

Un besoin de réassurance

Dans un tel contexte, une majorité d’épargnants interviewés disent avoir besoin d’être conseillés : 53% d’entre eux pensent qu’il leur serait utile d’être accompagnés par des professionnels de l’épargne (conseillers patrimoniaux). Surtout, ils pensent qu’à l’avenir la société et les experts de l’épargne devraient faire œuvre d’explications pour les guider. « Les Français demandent davantage de transparence et de traçabilité sur l'utilisation des fonds investis, commente Matthieu Silva Santos, directeur de l’offre et de l’ISR chez Goodvest. C'est très important de comprendre où va leur argent ».

Ainsi, plus de 7 personnes sondées sur 10 préconisent que cet apprentissage se fasse davantage à l’avenir par l’école mais aussi les entreprises : 70% souhaitent qu’elle propose davantage de cours aux élèves sur les notions de microéconomie, de placements et d’épargne et 72% envisagent qu’elles mettent en place des outils (formations, webinaires, conférences) à ce sujet à destination de leurs salariés. Enfin, plus de 80% aimeraient que les banques et compagnies d’assurances informent davantage leurs clients sur leur épargne en leur faisant plus d’éducation financière. « De plus en plus d'acteurs font cet effort de transparence car il y a un vrai besoin de pédagogie aujourd'hui dans le monde financier, conclut Matthieu Silva Santos. À la fois sur la composition de leur allocation mais également en ce qui concerne la tarification, avec très souvent des comparatifs tarifaires entre les différents établissements ».