Faut-il taxer davantage l’héritage ? Alors que les débats sur le budget ont débuté à l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a lancé un pavé dans la mare la semaine dernière en estimant que l’héritage «qui tombe du ciel» n’était «pas sain». Une idée dénoncée par le patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, et déjà par l’économiste Benoît Perrin, également directeur général de Contribuables Associés. Ce dernier a réitéré ses critiques sur BFMTV ce lundi 20 octobre. Pour lui, évoquer de nouveau la taxation des héritages est une «victoire idéologique de ceux qui considèrent que le problème de la France est qu’on ne paie pas assez d’impôt».

Benoît Perrin pense qu’il s’agit de l’inverse : «C’est d’abord la dépense publique qui doit être prioritaire.» L’économiste rappelle, comme Nicolas Dufourcq, que la France est un des pays en Europe les plus taxés. Il cite l’Italie avec des abattements autour d’un million d’euros ou l’Allemagne avec un abattement à 400 000 euros. Pour rappel, en France, l’abattement est fixé à 100 000 euros. «Il y a quelque chose de surréaliste à se demander s’il faut encore taxer l’héritage», a-t-il lancé sur le plateau de BFMTV.

Des entreprises revendues à des fonds de pension ?

Le directeur de l’association nationale de défense des contribuables, engagée contre les gaspillages d'argent public, a d’ailleurs voulu replacer le débat sur un autre plan : «D’un point de vue philosophique, c’est un coup de canif à ceux qui ont beaucoup travaillé et qui ne pensent pas qu’à eux.» Pour lui, les gens qui organisent leur succession «ont fait des sacrifices tout au long de leur vie» et sont d’ailleurs «tout à fait légitimes à vouloir une vie meilleure pour leurs enfants».

Benoît Perrin considère qu’il y a également un autre point important dans ce débat : la question de la taxation des successions des entreprises. Selon lui, le risque est que ces héritiers doivent revendre et que «les entreprises arrivent dans les mains de fonds de pension». Il a en outre son avis sur la sortie de la présidente de l’Assemblée nationale, sans doute envoyée «en poisson-pilote» sur le sujet du pacte Dutreil et donc la succession des entreprises «plutôt familiales». Pour rappel, ce dispositif a été mis en place pour faciliter les successions familiales.

Faciliter les donations des grands-parents ?

Aujourd’hui, la fortune héritée par les Français représente 60% de leur patrimoine, selon les chiffres du Conseil d’analyse économique. Les héritages sont plus importants dans le patrimoine des gens notamment parce que «l’immobilier a pris beaucoup de place», indique l’économiste, qui estime que l’«on prend le problème dans le mauvais sens : le travail ne paie pas assez !»

Benoît Perrin demande au gouvernement de s’attaquer à la compétitivité des entreprises pour fournir de plus gros salaires et «faire en sorte que les charges sociales soient moins importantes». Enfin, il souhaite enfin faciliter les donations entre grands-parents et petits-enfants. Aujourd’hui, l’abattement est de 30 000 euros, Benoît Perrin est favorable «à un abattement à 100 000 euros».

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