
C’est un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis la pandémie de Covid-19 : chaque année, les services de l’Etat découvrent de plus en plus de fraudes à l’Assurance maladie, et encore plus dans certains départements. Alors, pour lutter efficacement contre ces fraudes et ces pertes pour l’organisme, certaines Caisses primaires d’Assurance maladie testent des outils capables de détecter les documents falsifiés. Toutefois, cela n’empêche pas les arnaques, à l’image de ce réseau d’escrocs arrêté en septembre dernier, accusé d’avoir fraudé l’Assurance maladie pour un préjudice estimé à plus de 8 millions d’euros.
Ces huit millions d’euros font certainement partie des 723 millions que l’Assurance maladie est parvenue à détecter, indique Le Parisien. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé ce 1er avril à l’Assemblée nationale que les tentatives de fraudes étaient en hausse de 15% par rapport à l’année précédente, avec une forte progression des fraudes aux arrêts de travail, déjà dans le viseur du gouvernement. Au total, ce sont pas moins de 49 millions d’euros de fraudes dans ce secteur qui ont été arrêtés, soit là aussi une hausse de 15%, a confirmé le député Xavier Roseren (Horizons, Haute-Savoie).
Une envolée des indemnités journalières d'arrêts maladie
Si les chiffres inquiètent, car ils augmentent sans cesse, la ministre de la Santé a préféré mettre en avant les efforts réalisés pour contrer les fraudes. «Cette progression des fraudes détectées et stoppées est le fruit des mesures adoptées ces dernières années, et de la mobilisation des équipes de l’Assurance maladie», a reconnu Stéphanie Rist. C’est notamment le cas en ce qui concerne les arrêts de travail : «Le déploiement récent du formulaire sécurisé» de déclaration des arrêts «a permis de diminuer la fraude de 10% sur le dernier trimestre de 2025», a précisé la ministre.
Mais la ministre de la Santé en a profité pour évoquer l’envolée des indemnités journalières d'arrêts maladie, dont la croissance «n’est plus soutenable», a-t-elle tancé, citant une «hausse d’un milliard tous les ans depuis cinq ans». Le total de dépenses atteint aujourd’hui «presque 20 milliards d’euros», soit «16 % des dépenses de la médecine de ville», a confirmé Stéphanie Rist, qui présentera de nouvelles mesures pour limiter cette croissance avec les ministres du Travail et des Comptes publics.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement cherche à faire des économies sur les arrêts de travail qui coûtent 11 milliards d’euros par an. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu, notamment sur la mise en œuvre du plafonnement de la durée des arrêts de travail à 30 jours et les renouvellements possibles dans la limite de deux mois. D’autres pistes ont également été évoquées pour réaliser des économies sur les indemnités journalières.




















