
L’absentéisme au travail atteint des niveaux inédits en France. Selon le dernier baromètre d’Axa, il a bondi de 50% par rapport à 2019, avant la crise du Covid-19. Le phénomène touche particulièrement certaines catégories, notamment les cadres et les jeunes, avec des hausses marquées ces derniers mois. Invité sur TF1 ce mardi 31 mars, Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des PME, s’est alarmé de cette tendance.
Chez les cadres, les arrêts de travail, qu’ils soient de courte ou de longue durée, ont progressé de près de 8% en un an, avec une hausse notable des absences de plus de six mois. Autre évolution marquante : la santé mentale est désormais devenue la première cause des arrêts maladie. Une situation qui interroge, alors que les entreprises doivent faire face à des absences de plus en plus fréquentes et parfois longues. Dans ce contexte, Amir Reza-Tofighi plaide pour un durcissement des contrôles, à l’instar du Premier ministre, qui a récemment évoqué une dérive préoccupante.
«Le non-travail paie quasiment autant que le travail»
«Est-ce que depuis un an le travail est devenu très très dur ? Depuis un an, je ne considère pas que le travail est devenu d’un coup quelque chose de terrible. Alors que depuis un an, on voit que l’absentéisme chez les cadres augmente de près de 10%», a-t-il déclaré. Le président de la CPME a également pointé les dérives du système actuel : «On a créé un système où le non-travail paie quasiment autant que le travail.» Il dénonce notamment la facilité d’accès aux arrêts maladie. «On peut avoir un arrêt maladie en 5 minutes sur internet», a-t-il avancé.
Et d’ajouter : «Finalement travailler devient presque comme non travailler. Il ne faut pas s’étonner qu’à la fin il y ait autant d’abus que ça.» «Aujourd’hui, on est tous confrontés à des abus. La première chose que me disent les chefs d’entreprise quand je vais sur le terrain, c’est : “On en a marre d’avoir en permanence des arrêts maladie non justifiés”», a poursuivi Amir Reza-Tofighi.
Selon lui, les conséquences ne pèsent pas uniquement sur les employeurs. «Ce n’est pas que les chefs d’entreprise qui derrière doivent compenser, c’est les salariés, qui eux, la très grande majorité, n’abusent pas des arrêts maladie», a-t-il souligné.



















