L’exemple vient de tout en haut, du sommet de l’Etat même… Flashback. Décembre 2016, Emmanuel Macron, pas encore président mais déjà candidat à la plus haute fonction élective, en meeting à la porte de Versailles, s'époumone et incite en hurlant ses militants à porter son projet «partout en France». Sa voix déraille, ce qui fait les délices des réseaux sociaux. Un mois plus tard, rebelote, il ressort aphone d’un meeting à Quimper. Emmanuel Macron, qui doit travailler sa voix, apprendre à la ménager en même temps qu’à la poser fait alors appel en urgence au baryton Jean-Philippe Lafont, qui va jouer le rôle de coach vocal. Et ça marche… Les critiques sur la forme des prises de parole en public du futur président ne l’emportent plus jamais sur le fond.

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Un bénéfice du media training dont aimerait profiter, bien loin des ors de l’Élysée, Violaine, cadre dans l’industrie venue assister à une formation de deux jours au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ), en plein centre de Paris. «Ne pas être à l’aise à l’oral constitue un vrai frein à ma carrière», explique-t-elle, tendue avant le débrief de sa prestation – filmée – par le formateur et les quatre autres stagiaires présents ce jour-là. Et d’ajouter : «Je suis vite dépassée par mon stress quand il s’agit de prendre la parole, d’autant que le plus souvent, je dois m’adresser à un petit comité de gens hiérarchiquement au-dessus de moi. Je considère que je suis une handicapée sociale.»

Alexandre Fallais, le formateur qui la coache dans une salle joyeusement tapissée de motifs géométriques bleu, kaki ou noir, n’aura de cesse de se montrer rassurant. Et bienveillant. On applaudit ainsi beaucoup pendant la formation. Les autres, bien sûr, mais aussi soi-même. Avant une prise de parole, pour (se) donner du courage. Après, pour (se) féliciter…

Le plein d’ondes alpha

En la matière, Alexandre Fallais, profil atypique s'il en est (commercial, puis journaliste, puis comédien, avant de devenir coach pour «amalgamer toute cette expérience et la transmettre»), parle en connaissance de cause : «Le plus souvent, les personnes ont besoin d’être rassurées et d’apprendre à gérer leur stress, car celui-ci écrase tout : la mémoire, le vocabulaire, la confiance en soi et même la gestuelle.» Et ce stress, il vient d’où ? Si les causes sont variables, il est souvent ancré chez les stagiaires depuis longtemps, l’enfance parfois…

Nadège, l’une des participantes, sait juste que depuis qu’elle travaille, elle n’a jamais aimé parler en public et tente d’y échapper systématiquement. Candice, la benjamine du groupe, 27 ans, explique, elle, «être quelqu’un de l’ombre», qui n’aime pas s'exposer : «Pourtant, on me demande parfois de prendre la parole devant 50 ou 80 personnes, et souvent sur des sujets que je ne maîtrise pas forcément, en me disant “tu es jeune, ça t’entraîne”. En réalité, ça me met juste une pression que je ne supporte pas !»

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