
Pourquoi, alors qu’une nouvelle année commence, qu’une nouvelle page s’ouvre, nous sentons-nous parfois démotivés ? «Au travail, la nouvelle année symbolise la remise à zéro des compteurs, analyse Adrien Chignard, psychologue du travail et fondateur du cabinet Sens et Cohérence. Si on est commercial, on peut se demander si on a envie de mobiliser de l’énergie pour atteindre cet objectif de 300 000 euros, qui sera de 330 000 l’année prochaine. À quoi bon fournir tous ces efforts, en valent-ils la peine ? C’est aussi le moment où l’on va mesurer les écarts entre ce qu’on avait prévu de faire en 2025 et ce qu’on a réellement réalisé. La différence entre les idéaux qu’on s’était forgés de ce qui est socialement désirable et le réel peut être dépressogène, même si ces idéaux ne nous appartiennent pas».
Retrouvez de l’autonomie
Première étape pour retrouver l’envie d’avoir envie : chercher ce qui nous permet, à notre niveau, de retrouver de l’autonomie. «Retrouver de la marge de manœuvre est très motivationnel», avance Adrien Chignard. Pour y parvenir, prenez rendez-vous avec votre manager ou, lors de votre entretien annuel, refaites-vous préciser votre cadre de travail». Objectif : identifier et négocier les sujets sur lesquels vous pourriez avoir davantage la main. Pourriez-vous avoir plus de liberté dans l’organisation de votre temps de travail ? De latitude décisionnelle ? D’autonomie dans votre relation avec vos clients ?
Développez de nouvelles compétences
Vous avez le sentiment d’avoir fait le tour de votre poste, de ne plus rien apprendre ? «L’usure se crée dans la répétition, explique le psychologue du travail. Il est important de se demander sur quoi on a envie de grandir cette année.» Est-ce d’apprendre à parler anglais, à prendre la parole en public, à gérer des projets, de reprendre le CSE ou le comité des fêtes qui pourrait vous donner le sentiment de vous développer ?
Une bonne pratique également : aller chercher du feedback sur son travail. «C’est aller demander à ses collègues ou à son manager quelle est l’utilité réelle de ce que l’on fait, si ces PowerPoint que l’on réalise servent à quelque chose ? Si on vous répond par exemple que sans eux, il ne serait pas possible de prendre de décisions éclairées, cela crée un sentiment de compétence, vous voyez le lien entre vos efforts et votre utilité».
Créez de nouveaux liens
Nous l’avons tous déjà constaté : à deux, on se motive mieux. «La qualité des liens sociaux est la première composante du bonheur.» Que pourriez-vous faire pour créer des liens ? Créer un club de course à pied, une équipe de projets, obtenir une mobilité dans un autre service ? «Le troisième pilier de la motivation, c’est l’intérêt sincère pour notre bien-être et notre personne. Soit on le trouve dans son environnement de travail, tout comme la possibilité de plus d’autonomie et de développer ses compétences, soit c’est qu’il est peut-être temps d’en changer».
Un écueil à éviter si on ne se sent pas assez reconnu, pas assez autonome ou stimulé au travail ? «C’est de s’installer dans un confort de la plainte et d’attendre du monde entier qu’il vienne savoir ce qui vous motive. La motivation vient de nous. Chacun de nous a des motivations singulières. Avez-vous abordé avec votre chef ce besoin de reconnaissance ou d’autonomie ? Sinon, c’est perpétuer un système qui vous appauvrit du point de vue de la santé mentale.»


















