«Il faut que cela change.» Invité de la matinale de France Info, vendredi 29 mai, le directeur général de la BPI Nicolas Dufourcq est catégorique sur l’âge de départ à la retraite : 65 ans et pas avant, sauf exception ! S’il juge «qu’il n’y a aucun problème que les gens qui ont eu des métiers difficiles, des carrières longues, s’arrêtent à 62 ans», Nicolas Dufourcq est plus sévère avec les cadres : «Il y a un problème quand vous avez 42% des cadres français qui partent en retraite anticipée.»

«Nos mœurs culturelles doivent changer», présente-il, devant s’aligner sur ce qui se fait ailleurs en Europe : «Elles ont changé partout en Europe, pourquoi vous ne voulez pas qu’elles changent en France [...] La France est le seul pays en Europe où 10% des retraites sont financées par la dette.»

«55 milliards d’euros» de trop

Le patron de la Banque Publique d’investissement précise parler en son nom. Il rappelle que «la France est le seul pays où les retraités ont le même niveau de vie que les actifs [...] La France est un pays où une part écrasante de l’épargne est détenue par les retraités». «Un jour on se demandera ‘comment est-ce que l’on a pu se bloquer l’esprit et la tête sur la question de l’âge de la retraite en France’», regrette le haut fonctionnaire.

Nicolas Dufourcq plaide, en effet, pour un âge de départ à la retraite supérieur à 65 ans, puisque «le coût aujourd’hui pour la collectivité» de ces retraités français «est 55 milliards d’euros par an [...] C’est 55 milliards d’euros que les autres Etats européens ne dépensent pas. Ils le mettent sur autre chose, sur l’éducation, sur la justice, sur le remboursement de leur dette.» Mais il veut aussi s’attaquer à la désindexation des retraites, sur l’inflation. «J’essaie d’ouvrir les entrailles du poulet et de voir comment nous allons faire [...] Quand l’inflation est très élevée, en 2023-24, cela nous a coûté 25 milliards d’euros par an», illustre-t-il.