
Le succès du plan d’épargne retraite (PER) continue de s’accélérer. Selon des données publiées début 2026, près de 12,7 millions de Français détenaient un PER au troisième trimestre 2025, pour un encours total supérieur à 141 milliards d’euros. Comme le rappelle l’administration fiscale sur impots.gouv.fr, les versements réalisés sur un PER peuvent être déduits du revenu imposable dans certaines limites.
Mais derrière cet avantage fiscal commun, beaucoup d’épargnants ignorent qu’il existe en réalité deux grandes familles de contrats : le PER bancaire et le PER assurance. Or, ces deux produits ne répondent pas aux mêmes objectifs patrimoniaux. Gestion des placements, niveau de risque, transmission aux héritiers, présence ou non d’un fonds euros : les différences peuvent devenir importantes sur le long terme. « Beaucoup d’épargnants pensent qu’un PER reste le même produit alors qu’il existe en réalité deux grandes familles », explique Arnaud Koyt, conseiller en gestion de patrimoine.
Le PER bancaire, un produit davantage tourné vers la performance
Le PER bancaire fonctionne globalement comme un compte-titres. L’épargnant investit directement sur des supports financiers comme des ETF, des actions ou des obligations. Cette structure offre davantage de liberté dans la gestion et les arbitrages, mais expose aussi plus fortement aux fluctuations des marchés financiers.
À l’inverse d’un PER assurance, il n’existe pas de fonds euros permettant de sécuriser une partie du capital. L’épargnant supporte donc plus directement les variations des marchés, à la hausse comme à la baisse. Ce type de contrat vise surtout les profils capables d’accepter davantage de volatilité en échange d’un potentiel de performance plus élevé.
Un épargnant de 35 ans fortement investi en ETF n’aura pas les mêmes besoins qu’un futur retraité cherchant avant tout à sécuriser son capital. « Le PER bancaire est surtout adapté aux épargnants autonomes qui souhaitent piloter eux-mêmes leurs investissements », souligne Arnaud Koyt. Le choix dépend donc aussi du degré d’autonomie et de tolérance au risque de l’épargnant.
Certains PER bancaires affichent également des frais réduits, notamment sur les versements. Mais le conseiller invite à regarder le coût global du contrat : frais de gestion, arbitrages et qualité de l’accompagnement. L’écart réel se joue souvent sur la durée.
Fonds euros, garanties : pourquoi le PER assurance rassure davantage
Le PER assurance repose sur une logique patrimoniale davantage tournée vers la sécurisation. Contrairement au PER bancaire, il permet d’accéder au fonds euros, un support garanti par l’assureur, hors faillite de celui-ci. Concrètement, une partie de l’épargne peut être moins exposée aux fluctuations des marchés financiers. Ce fonctionnement attire surtout les épargnants cherchant à sécuriser progressivement leur capital à l’approche de la retraite. À l’inverse, les profils plus dynamiques privilégient parfois le PER bancaire pour rester davantage exposés aux marchés financiers et rechercher plus de performances sur le long terme. « Quand on se rapproche de la retraite, l’objectif n’est plus forcément de maximiser la performance mais de sécuriser progressivement l’épargne accumulée », explique Arnaud Koyt.
Certains PER assurance proposent également une garantie plancher. En cas de forte baisse des marchés avant le décès du titulaire, les bénéficiaires peuvent ainsi récupérer au minimum les sommes versées, même si les placements ont perdu de la valeur entre-temps. Une protection qui n’existe pas dans un PER bancaire, où les héritiers récupèrent simplement la valeur du portefeuille au moment du décès. Cette garantie dépend toutefois des contrats et comporte souvent des conditions d’âge.
Le PER assurance peut aussi offrir un cadre plus avantageux pour la transmission. En cas de décès avant 70 ans, les sommes peuvent bénéficier d’un régime proche de celui de l’assurance vie, avec un abattement pouvant atteindre 152 500 euros par bénéficiaire selon les cas, conformément aux règles prévues par le Code général des impôts. À l’inverse, le PER bancaire répond davantage à une logique d’investissement et de gestion financière autonome.
L’erreur la plus fréquente : ouvrir un PER uniquement pour défiscaliser
Pour les professionnels du patrimoine, le principal piège reste pourtant ailleurs. Beaucoup d’épargnants ouvrent un PER uniquement pour réduire leur impôt sans réfléchir à leur horizon de placement ou à leur future fiscalité à la retraite. « Une personne en début de carrière avec une faible tranche d’imposition n’a pas forcément intérêt à défiscaliser immédiatement si elle risque d’être davantage imposée à la retraite », prévient Arnaud Koyt. Car à la sortie, les sommes récupérées peuvent être fiscalisées selon le mode de retrait choisi , capital ou rente , et selon la situation du titulaire.
Dans certains cas, les deux solutions peuvent même être complémentaires. Un épargnant peut utiliser un PER assurance pour sécuriser et transmettre une partie de son patrimoine, tout en conservant un PER bancaire davantage orienté vers les marchés financiers et les ETF. Derrière une même enveloppe fiscale, les logiques patrimoniales diffèrent fortement.



















