Si vous avez ouvert un PEA, une assurance-vie ou un PER ces dernières années, vous avez forcément croisé son nom : le MSCI World. Cet indice boursier a été conçu en 1969 par la société Morgan Stanley Capital International (d'où le nom MSCI). Il y a quelques années, investir en Bourse signifiait encore choisir des actions une à une, payer un intermédiaire, et espérer ne pas s'être trompé. Grâce au MSCI World, il est possible de s'affranchir de cela. La promesse : avec un seul produit, vous achetez une part des 1 400 plus grandes entreprises des pays développés, dans 23 pays.

Le tout pour des frais de gestion très bas, généralement compris entre 0,10 % et 0,50 % par an. À titre de comparaison, un fonds en gestion active facture en moyenne 1,5 à 2 % par an. Depuis une dizaine d'années, le MSCI World rencontre un succès massif auprès des particuliers, qui s'y exposent via des ETF (exchange-traded funds) répliquant sa performance. Au point d'être devenu, pour beaucoup de conseillers en gestion de patrimoine, la brique de base d'une allocation actions long terme.

Une diversification mondiale en une ligne, oui, mais…

Le premier argument en faveur de cet indice, c'est sa diversification. Apple, Microsoft, Nvidia, LVMH, Nestlé, Toyota, Novo Nordisk… toutes les multinationales que vous connaissez sont bien dans le MSCI World, pondérées par leur capitalisation boursière. Acheter individuellement plus de 1 400 entreprises pour composer l'indice manuellement serait impensable pour un particulier : frais de courtage prohibitifs, complexité de gestion, suivi impossible. Avec un seul ETF, vous obtenez exactement la même exposition, et l'indice se rééquilibre automatiquement. Quand une entreprise progresse, elle prend mécaniquement plus de poids ; quand une autre chute, sa pondération diminue. Vous n'avez aucune décision à prendre, pas de stock-picking à faire, pas de bilans d'entreprise à lire.

Maxime Kugler, responsable de l'offre financière chez Altaprofits, courtier en gestion de patrimoine en ligne, le résume bien : « Le MSCI World est une bonne porte d'entrée vers l'investissement actions mondial ». Il émet toutefois une réserve : « Mais il ne suffit pas à lui seul à construire une allocation complète ». En effet, derrière la promesse de diversification mondiale, la composition de l'indice peut aussi être critiquée. Les États-Unis pèsent à eux seuls 72 % du MSCI World, le Japon 5,7 %, le Royaume-Uni 3,7 %, et la France… seulement 2,8 %.

En achetant un ETF MSCI World, on investit donc massivement dans l'économie américaine, qu'on le veuille ou non. Et dans l'économie américaine, ce sont les valeurs technologiques qui dominent : Nvidia en première ligne avec 5,7 % de l'indice, suivi d'Apple à 4,7 %, Microsoft à 4,5 %, Amazon à 2,6 %. Les dix premières lignes représentent à elles seules près de 30 % de l'indice total. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est la logique de la pondération – mais c'est à savoir pour bien équilibrer son portefeuille.

Le MSCI World, pas assez équilibré ?

« L'ETF MSCI World n'est pas magique : il reste exposé aux marchés actions des pays développés et demeure sensible au risque d'hyperconcentration », prévient ainsi Maxime Kugler. Cela signifie que le MSCI World ne se suffit pas à lui seul pour un portefeuille équilibré. Et il y a deux raisons à cela :

Premièrement, l'indice MSCI World n'inclut pas les pays émergents. La Chine, l'Inde, le Brésil ou même la Corée du Sud (toujours classée « émergente » par MSCI) n'en font pas partie, alors qu'ils représentent une part de plus en plus importante de l'économie mondiale. Le second : les petites capitalisations (« small caps ») sont exclues. Ce sont pourtant des catégories d'actifs qui peuvent apporter une surperformance sur le très long terme.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe ainsi une version plus large de cet indice : le MSCI ACWI. Ce dernier inclut 27 pays émergents en plus des 23 pays développés, pour un total de plus de 3 000 entreprises. Son inconvénient : il n'est pas éligible au PEA, et ses frais sont légèrement plus élevés. Pour encore plus de diversification, le MSCI ACWI IMI, lui, inclut également les small caps.