Et si Renault allait piocher chez les concurrents pour trouver son nouveau patron ? Dans l'état-major de Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Opel,...) depuis 15 ans, Maxime Picat a réussi en Chine, redressé la marque Peugeot, et orchestré la supply chain d’un empire automobile. Pourtant, il n’a pas obtenu la récompense ultime. Alors pressenti pour remplacer Carlos Tavares, ce dirigeant s’est fait chiper le poste de directeur général du groupe automobile franco-italo-américain aux 14 marques par Antonio Filosa. Le nouveau patron a d’ailleurs pris ses fonctions ce lundi 23 juin, en présentant son équipe dirigeante. Et, surprise, le nom de Maxime Picat n’est pas mentionné dans sa garde rapprochée. Antonio Filosa a même conclu sa liste de cette manière : «Alors que nous ouvrons ce nouveau chapitre de l’histoire de Stellantis, je tiens à adresser mes sincères remerciements à Maxime Picat», qui a «remarquablement» contribué au succès du groupe, avant de lui souhaiter le meilleur dans ses projets futurs. Contacté directement par BFM Business, Stellantis confirme que l'ancien directeur des achats de Stellantis quitte l'entreprise «d'un commun accord». À 51 ans, Maxime Picat est donc aujourd’hui libre…Serait-ce là un signe pour le voir à la tête du groupe automobile Renault, afin de succéder à Luca de Meo, parti gérer le luxe chez Kering.? En tout cas, son nom revient régulièrement dans la liste des candidats successeurs, aux côtés de Denis Le Vot, candidat interne via Dacia.

Maxime Picat, prêt à sortir de l’ombre chez Renault ?

Il n’a jamais fait les gros titres, mais dans les coulisses de l’industrie automobile, Maxime Picat est une figure respectée. Né en 1974 en Alsace et diplômé de l’École des Mines de Paris en 1998, il travaille pour PSA (groupe devenu Stellantis) dès sa sortie d’école, dans l’usine de Mulhouse, puis monte en responsabilité à Sochaux ou encore à la direction d’une coentreprise à Wuhan, contribuant à faire doubler les ventes en Chine. Il devient ensuite le directeur général de Peugeot en 2012 dans le but de réorganiser la gamme avec des modèles à succès comme la 208 ou le 3008 et améliorer les marges. Le lion est sauvé ! Dix ans plus tard, Maxime Picat place un peu plus ses pions au moment de la création de la galaxie Stellantis, et s’installe au siège d'un poste un peu plus ingrat, celui de superviser les achats et la logistique mondiale, et de renforcer la résilience de la chaîne d’approvisionnement. Un pilier stratégique de la performance globale et un rôle clé dans le retour à la rentabilité, notamment pour la réduction des coûts sur les véhicules électriques. En mars 2025, il est d’ailleurs classé numéro 2 mondial au Top 100 des leaders de la supply chain.

Avant de connaître la composition de l’équipe dirigeante de Filosa, Frédéric Lemayitch, représentant de la CFTC disait au Figaro toute son inquiétude quant à une feuille de route sans Picat : «ce serait vraiment une perte ! Il est très apprécié dans le monde de l’automobile.»

Cette expertise opérationnelle et internationale fait de lui un sérieux candidat pour diriger le Losange qui a en ce moment-même besoin d’une rigueur industrielle, de maîtrise des coûts, et d’un capitaine capable d’affronter la tempête de la voiture électrique. Picat coche toutes les cases. Renault pourrait frapper un grand coup en s’offrant un profil externe à la fois solide, discret… et redoutablement opérationnel. Son récent départ de Stellantis, dans le sillage du remaniement autour du patron Antonio Filosa, pourrait lui ouvrir les portes du siège de Boulogne-Billancourt. Reste à savoir si le conseil d’administration de Renault franchira ce pas décisif. Réponse imminente, à moins qu'il n'y ait un problème de clause de non-concurrence...

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