
Saison déconfiture chez Stellantis. Le groupe automobile aux 14 marques (dont Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep…) accuse 2,3 milliards d’euros de pertes nettes sur la première moitié de l’année 2025. L’entreprise tombe de haut car un an plus tôt, ses bénéfices nets s’élevaient à 5,6 milliards d’euros. Deux ans plus tôt, au premier semestre 2023, il avaient même atteint 10,9 milliards d’euros aux grandes heures de Carlos Tavares, le directeur général qui a fini par être évincé en décembre 2024 sur fond de mauvais résultats. La nomination de son successeur, Antonio Filosa, vient d’être approuvée par les actionnaires. Force est de constater que la période d’intérim a été compliquée pour Stellantis, comme le montrent les informations financières (préliminaires et non auditées) dévoilées ce lundi 21 juillet par le constructeur.
Plusieurs indicateurs évoluent dans le rouge, outre les pertes nettes. Les ventes de voitures reculent : Stellantis a livré 1,4 million de véhicules au premier semestre 2025, soit une baisse de 6% sur un an. En même temps, le chiffre d’affaires dégringole de 12,5% à 74,3 milliards d’euros. Le groupe doit publier ses chiffres définitifs le 29 juillet mais cette première communication doit permettre de préparer les esprits chez les investisseurs. Logiquement, ceux-ci s’inquiètent : vers midi, le cours de Bourse de Stellantis déclinait de 1,69%.
Stellantis plombé par la guerre commerciale avec les Etats-Unis
Autrefois un eldorado, l’Amérique du Nord s’est transformée en bourbier pour Stellantis. C’est sur ce continent friand de pick-up que Stellantis vend ses véhicules les plus gros et les plus profitables grâce aux marques Jeep, Ram, Dodge et Chrysler. Hélas, les livraisons y ont diminué de 25%. Une lourde déception sachant que Stellantis vend un véhicule sur cinq sur ce marché nord-américain. Et pour expliquer ses difficultés, Stellantis pointe notamment du doigt les droits de douane mis en place par le président des Etats-Unis Donald Trump : même s’il dispose d'usines sur place, le constructeur automobile estime que les tarifs douaniers américains lui ont coûté 300 millions d’euros. Et il ne s’agit là que des «premiers effets», indique Stellantis, qui avait décidé de suspendre toutes ses prévisions financières en avril, devant l’imprévisible Donald Trump.
En Europe, autre marché clef pour Stellantis, la situation est moins compliquée mais pas rayonnante non plus. Les livraisons sur le Vieux Continent ont diminué de 6%. Le groupe évoque une phase de transition dans son catalogue de véhicules : la Fiat 500 à moteur thermique a par exemple été arrêtée et sa remplaçante la Fiat 500 hybride est attendue pour la fin de l’année. D’autres modèles sont en phase de montée en cadence, comme la Citroën C3, l’Opel Frontera et la Fiat Grande Panda.
Dans cette tempête, Stellantis choisit ses batailles, quitte à froisser ses alliés. Le groupe a effectivement décidé d’abandonner le lancement de nouveaux véhicules à hydrogène. Partenaires de Stellantis dans la coentreprise Symbio qui visait à développer cette technologie, Michelin et Forvia finissent le bec dans l’eau : «les commandes de Stellantis représentent à elles seules environ 80 % du volume de production prévu de Symbio», ont-ils rappelé dans un communiqué désespéré. En parallèle, c’est l’ensemble de la filière automobile qui souffre. Le rival de Stellantis, Renault, a été forcé de publier un avertissement sur résultats quelques jours avant la communication de Stellantis. A son tour dans l’attente d’un nouveau directeur général, le groupe au losange a subi l’une de ses pires séances boursières le 16 juillet. Les nouveaux patrons à la tête de Stellantis et Renault ne vont pas s’ennuyer. Même si démarrer avec de mauvais résultats ne peut que leur permettre de mieux rebondir…



















