
Acheter une voiture électrique pour rouler propre… et se retrouver malgré soi associé à l’extrême droite. C’est le paradoxe que vivent aujourd’hui certains clients de Tesla en France, jusqu’à décider de saisir la justice. Une dizaine d’entre eux ont en effet mandaté le cabinet d’avocats GKA pour assigner le constructeur automobile américain et sa filiale française devant le Tribunal de commerce de Paris. Le dépôt des assignations est réalisé ce mercredi 11 juin. Une action pour le moins assez inédite mais les dépositaires se disent victimes du comportement public du patron Elon Musk, notamment par son soutien à des mouvements d’extrême droite en Allemagne ou ses gestes ambigus lors de l’investiture de Donald Trump qui nuisent gravement à l’image de la marque. Selon eux, leurs véhicules électriques, qu’ils avaient acquis pour leurs qualités écologiques et innovantes, est devenu malgré eux un objet politique clivant, un totem d’extrême droite. Le préjudice est tel qu’ils demandent aujourd’hui la résiliation de leur contrat de crédit-bail et le remboursement des sommes versées pendant la durée de cette location.
Les clients Tesla subissent au quotidien
Contacté par Capital, Ivan Terel, avocat associé au cabinet GKA, qui représente les demandeurs, explique que ses clients «subissent au quotidien un risque d’acte de vandalisme, qui va de la pose de stickers à des tags ou encore plus graves. Ils doivent vivre avec une forme de vigilance perpétuelle sur un véhicule, ce qui ne correspond pas à la jouissance paisible prévue par l’article 1625 du Code civil». Selon lui, il est donc tout à fait possible d’obtenir gain de cause, soit la résiliation des différents contrats de vente ainsi que des dommages et intérêts en sus des sommes déjà versées dans le cadre de la location.
L’avocat qualifie cette démarche d’action conjointe ou groupée, et s’attend à représenter d’autres personnes qui veulent faire valoir leurs droits vis-à-vis de Tesla. Pour l’instant, aucune plateforme d'inscription n’existe actuellement à l’instar du cas de l’action collective Takata contre Stellantis, mais le cabinet vous invite à les contacter directement. Les honoraires sont à négocier dans le cadre des échanges avec les clients, nous dit-il, «l”idée étant quand même de bénéficier d’un effet de mutualisation aussi pour le coût pour chacun des usagers soit le moindre possible. Il est fort possible qu’on rationalise le processus s’il y a davantage de clients».
La procédure va suivre son cours, avec déjà un retour attendu de la part de Tesla à ces accusations. Une date d’audience doit encore être fixée par le tribunal. Contactée par nos soins, la filiale française du constructeur Tesla ne souhaite pas réagir.
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