Après les carburants, un autre produit du quotidien pourrait bientôt être touché par les effets indirects de la guerre au Moyen-Orient : le lait. Dans les prochaines semaines, son prix pourrait repartir à la hausse en France, sous l’effet de l’augmentation des coûts de production agricole, directement liés à la flambée du prix du pétrole. Depuis le début du conflit, les cours de l'or noir ont fortement progressé sur les marchés internationaux. Une hausse qui ne se limite pas aux stations-service.

«Par un effet de vases communicants, le prix du gazole non routier – celui que l’on met dans les tracteurs – a lui aussi augmenté», explique l’économiste Pierre Rondeau sur RMC ce lundi 27 avril. «Avant la crise, son prix était compris entre 580 et 620 euros la tonne, aujourd’hui, il oscille entre 1 200 et 1 300 euros. Il a doublé selon Yohann Barbe, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, ce qui aura automatiquement une répercussion sur le coût de production et donc sur son prix», poursuit-il.

Un secteur sous tension

Cette hausse intervient dans un secteur déjà soumis à de fortes variations de prix. Comme le rappelle l’économiste, entre 2023 et 2025, le cours du lait sur les marchés avait déjà progressé, dépassant les 500 euros les 1 000 litres. En 2025, la hausse des prix avait atteint 2,2% en France. Le mécanisme habituel du marché ne fonctionne plus aussi simplement. En théorie, une hausse des prix incite les producteurs à augmenter l’offre, ce qui finit par faire baisser les cours. Ce scénario avait d’ailleurs conduit récemment à un repli sous les 460 euros les 1 000 litres.

Mais aujourd’hui, le problème est ailleurs : ce n’est plus le prix de vente du lait qui pose difficulté, mais son coût de production. La hausse du gazole non routier, mais aussi celle de certaines matières premières, pèse lourdement sur les exploitations. Le coût de production augmente, même si les prix de vente restent relativement stables. Résultat : les marges des éleveurs se réduisent, alimentant les demandes de revalorisation.

Face à cette situation, la Fédération nationale des producteurs de lait demande une réaction rapide. Elle réclame une augmentation d’environ 50 euros par tonne, soit quasiment le niveau observé lors de son pic en 2025. Selon les professionnels, sans ajustement, l’équilibre économique de nombreuses exploitations pourrait être fragilisé.