Attaqué, Michel-Edouard Leclerc répond. Depuis quelques jours, l’exécutif laisse en effet entendre que les distributeurs ont augmenté leurs marges sur le carburant depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement leur a même demandé de publier «l'évolution et le calcul de leurs marges». Le 24 avril, un document auquel plusieurs médias, dont BFM, ont eu accès semblait indiquer que les marges brutes des distributeurs avaient bien augmenté. De quoi mettre en colère Michel-Edouard Leclerc. Invité de la matinale de TF1, il a dénoncé un «faux scoop».

Selon le président du comité stratégique des magasins E.Leclerc, «ce document est un document de travail» que quelqu’un a sorti pour «se faire valoriser en le sortant à la presse». Il «ne correspond pas à la réalité», et d’ailleurs, «ni Leclerc ni Système U ne sont cités». Michel-Edouard Leclerc a ensuite révélé les marges de son groupe : «Leclerc c'est entre 1 et 1,5 centime du litre de marge net, donc pas de profits.» Et d’ajouter : «Vous remettez tous ces profits-là en déduction du prix, ça ne vous fait pas descendre le prix du gasoil ou de l’E10 au prix d’autrefois.»

Les distributeurs «font tampon», selon Michel-Edouard Leclerc

Pour autant faut-il faire la transparence sur toutes les marges ? «Tous les jeudis, l’administration a en face d’elle les professionnels. Une station d’autoroute n’a pas les mêmes coûts d’exploitation», a rappelé le patron de grande distribution. Pour lui, aujourd’hui, «la distribution fait tampon pour diminuer ou essayer de limiter ces prix de carburants». Il a pris pour exemple TotalEnergies qui a mis en place un blocage des prix.

Michel-Edouard Leclerc en a profité pour lancer une autre petite pique au gouvernement : «Ce qu'on n’aime pas chez les distributeurs, c'est qu'on vienne nous chercher pour faire baisser les prix. Et quand on les baisse, on est convoqués et jetés comme boucs émissaires», a-t-il lâché au micro de TF1. Il a également concédé qu’il avait fait une erreur au début de la crise en annonçant une baisse. Désormais, il ne veut plus faire de pronostics, mais se «contente de vendre le moins cher possible».

Dans le week-end, le ministre de la Ville et du Logement était revenu sur ce document sorti dans la presse, un document «pas validé». Toutefois, il avait demandé qu’il n’y ait «pas de profit dans cette crise, personne ne doit en profiter», suggérant normal que les distributeurs, autant que les raffineurs et les entreprises pétrolières fassent des marges : «C’est normal, elles gagnent leur vie. En revanche, il ne peut pas y avoir des super marges parce qu’il y a une crise.»