Traditionnel œuf, petit lapin, poisson, vache ou encore cloche… comme chaque année, Pâques va mettre à rude épreuve la réflexion des Français dans le but de faire plaisir à leurs proches avec du chocolat. A moins qu’ils n’optent pour des sujets plus originaux. Mais dans tous les cas, il faudra mettre le prix encore une fois en 2026. Pourtant, le cours du cacao est revenu à un niveau assez bas, en moyenne comme en août 2023 (3 100 dollars la tonne) après avoir atteint des sommets en 2024 à plus de 12 000 dollars la tonne. Mais en boutique, chez les chocolatiers, les prix sont en hausse, comme dans cette boutique du VIe arrondissement de Lyon : +10% en un an, selon nos confrères de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Alors, comment expliquer cette dichotomie ? En réalité, même si le cours du cacao a largement baissé en trois mois depuis le mois de décembre (pratiquement divisé par deux), beaucoup de chocolatiers n’ont pas eu le temps de répercuter la baisse sur les tarifs des sujets de Pâques. «L'année dernière on a contenu la hausse des prix. On a pris sur nos marges», explique de son côté à France 3 le Directeur des chocolateries Voisin, Romain Boucaud-Maître, qui ajoute que la maison ne «pouvait pas répercuter sur (ses) clients la hausse réelle du chocolat». Cela varie donc d’une année à l’autre, mais il veut avant tout «garantir des prix raisonnables pour le client».

Certains ne veulent pas augmenter les prix !

Chez Voisin, on n’a donc pas voulu augmenter les prix, en lissant les coûts grâce notamment à des liens forts tissés avec ses petits producteurs. Idem pour une autre institution de la ville : Bernachon. La maison, qui fait son propre chocolat avec dix cacaos différents, préfère fidéliser sa clientèle malgré les hausses récentes. «Ça monte, ça descend, ça a toujours été comme ça. Comme les noisettes ou les amandes. Il y a des fluctuations des matières premières, on fait avec», assure Philippe Bernachon.

Mais pour une majorité de chocolatiers, c’est différent, ils ont commandé leurs fèves de cacao bien en amont et elles étaient encore affichées au prix fort. Résultat : il faut répercuter ces coûts sur le produit fini. Philippe Bernachon explique de son côté qu’il essaye d’acheter son cacao au moment propice, quand les prix redescendent. «Quand ça monte trop, on n'achète pas trop. Quand ça redescend, on rachète un peu plus», souligne-t-il. Mais ce n’est pas toujours possible.

Il existe des chocolats à prix raisonnables

Il faut ajouter aux tarifs élevés du cacao de ces derniers mois, la main-d’œuvre ainsi que la sophistication des sujets qui demande plus de temps de fabrication. Pour payer moins cher, mieux vaut donc opter pour des petits œufs, des fritures ou des moulages classiques. Et en supermarché ? Les prix ne sont pas forcément tirés à la baisse. Il y a quelques semaines, en pleines négociations commerciales, Intermarché avait brandi le spectre de ruptures de produits Lindt, par exemple, à cause de tarifs trop élevés. Mais un accord a été conclu depuis. A noter que dans de nombreuses grandes surfaces, eu égard à leurs stocks, les distributeurs multiplient les opérations promotionnelles de type «un acheté, un offert». De quoi réaliser de jolies économies !