Alors que l’inflation alimentaire se stabilise, le chocolat, lui, déroge à la tendance. Selon une enquête de l’UFC-Que Choisir publiée le 9 avril 2025, les prix des chocolats de Pâques ont grimpé de 14 % en moyenne sur un an, avec des écarts parfois bien plus marqués. Les marques de distributeurs affichent les plus fortes hausses : +23 % en un an, contre +11 % pour les marques nationales.

Chez Leclerc, par exemple, un lapin en chocolat au lait de 200 g est passé de 2,97 euros à 3,99 euros, soit une augmentation de plus d’un euro. Du côté d’Intermarché et Système U, les figurines en chocolat ont vu leur prix bondir de 80 centimes en moyenne. Même les grandes marques n’échappent pas à la tendance : certaines références Milka spéciales Pâques affichent une hausse de 20 %, la boîte Smarties «chasse aux œufs» de Nestlé coûte 85 centimes de plus, et le célèbre lapin Lindt de 100 g atteint désormais 4,38 euros, contre 3,82 euros en 2024.

Le cacao devient un produit rare et cher

Cette envolée des prix s’explique en premier lieu par la flambée du cours du cacao, directement liée aux mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, qui assurent près de 60 % de la production mondiale. Ces deux dernières années, les conditions climatiques ont fortement perturbé la culture des cacaoyers. Résultat : le prix de la fève a été multiplié par cinq entre 2023 et mi-2024 à la Bourse de Londres. Jusqu’alors, les chocolatiers tentaient d’absorber ces hausses pour ne pas effrayer le consommateur. Mais en 2025, les ajustements se répercutent clairement sur les étiquettes.

Selon le syndicat du chocolat, Pâques reste un moment phare pour les ventes, avec un budget moyen de 24 euros par foyer. Mais cette inflation pourrait freiner les achats. En particulier pour les produits ultratransformés et peu attractifs d’un point de vue nutritionnel. L’association UFC-Que Choisir souligne d’ailleurs que ces références, souvent très sucrées et peu riches en cacao, «ne brillent pas par leur qualité» et que leur consommation devrait «rester occasionnelle».