Vous l’avez sans doute remarqué depuis le début de l’année, dans les rayons, il est parfois difficile de trouver des œufs. Certes, il y a eu des problèmes de livraison liés aux conditions climatiques et aux chutes de neige. Mais ce n’est pas la seule explication. Le produit est en effet de plus en plus consommé dans le pays (+4% en deux ans) alors que, dans le même temps, les prix de la viande ou du poisson ont augmenté. Selon la Coopérative U, «la demande est en hausse et l’offre n’arrive pas à suivre».

Toutefois, pas question de parler de «pénurie», expliquait il y a quelques jours la directrice du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). Mais face à ces rayons plus ou moins vides, la Coordination rurale réclame une autre mesure : le «retour» des poules en cages, indique Le Parisien. Le syndicat agricole assure que «la pénurie actuelle s’explique par des facteurs structurels et économiques» et notamment le fait que «l’arrêt progressif des cages fragilise l’outil de production et impose des investissements lourds».

Industriels, producteurs et distributeurs veulent sortir de ce modèle

Pourtant, l’interprofession le martèle : il n’y a pas de pénurie d’œufs ! Pire, elle s’insurge de cette proposition alors que le but est justement de sortir de ce type d’élevage. «On a tracé une trajectoire visant 90% de production alternative en 2030, on s’y tiendra, il est interdit par la loi de construire de nouveaux bâtiments en cage, c’est le sens de l’histoire, le citoyen le demande», tient à rappeler le président du Comité national pour la promotion de l’œuf, Yves-Marie Baudet.

Appelant les syndicats à la «mesure», le président du CNPO a rappelé auprès de l’AFP le calendrier de la profession qui vise la création de 300 bâtiments d’ici 2030 «soit en poules bio, soit en plein air, soit au sol», et «on s’y tiendra», ajoute-t-il. Même les industriels et les distributeurs se sont engagés à sortir de ce modèle, tandis qu’une initiative a été menée devant la Commission européenne pour interdire les poules en cages.

Le gouvernement veut modifier les normes

Ce n’est pas la première fois que le marché est en tension. Déjà en mars dernier, puis au mois de septembre, la chaîne d’approvisionnement avait été perturbée. Et Yves-Marie Baudet tient à rassurer : «La demande va bientôt baisser un peu et d’ici juin 2026 les premiers effets de notre plan de filière se feront sentir avec la mise en service de nouveaux poulaillers.»

Malgré cela, la hausse de la consommation est bien réelle, raison pour laquelle la ministre de l’Agriculture a confirmé le plan de construction de 300 poulaillers d’ici 2030, tout en déplorant des normes trop contraignantes. «Aujourd’hui la procédure d’installation d’un poulailler est la même que la procédure d’installation d’une centrale thermique». Il s’agit, là aussi, d’une demande de la Coordination rurale. En février, un projet de loi d’adaptation du droit européen sera examiné au Parlement. Il prévoit de sortir l’élevage du régime Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).