
Un coup de froid frappe l'industrie tricolore. Après Caddie et Teisseire, c'est "le fleuron français Brandt qui s'éteint", déplore Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances. Depuis la rentrée 2025, près de 165 sites industriels sont menacés de fermeture, selon le cabinet privé Trendeo, un chiffre qui n'avait pas été observé depuis plusieurs années. Pourtant, dans ce paysage en clair-obscur, quelques lueurs subsistent. Des marques iconiques, empreintes de nostalgie, connaissent un regain d'énergie – prélude, peut-être, à de futurs succès.
Agatha
Sous l’impulsion de Stéphane Delva, la CEO issue du groupe LVMH, Agatha revient sur le devant de la scène de la bijouterie chic et accessible. Refonte du site Web, archives remises au goût du jour, concept de boutique remanié… Ce renouveau ravit les clientes historiques, qui retrouvent l'emblématique petit chien et les breloques, comme la génération des 28-35 ans. "Une nouvelle clientèle qui représente aujourd'hui 50% du chiffre d'affaires", se félicite la dirigeante, deux ans après son arrivée. Et de préciser que “30% des ventes se font en ligne”. L'enseigne est désormais présente dans plusieurs quartiers parisiens stratégiques – Ternes, Passy, Saint-Germain-des-Prés et les Abbesses. Prochaine étape, l’international, où la French Touch et ses médailles en argent, façonnées à Paris dans l’atelier historique, devraient à coup sûr séduire.
Le Coq sportif
Placé en redressement judiciaire en novembre 2024, l'équipementier sportif tente de revenir dans le match depuis sa reprise, en juillet 2025, par l’entrepreneur franco-suisse Dan Mamane. Aux commandes, Alexandre Fauvet, ancien dirigeant de Fusalp et ex-directeur chez Lacoste, incarne le nouvel élan de la marque. Malgré le soutien des pouvoirs publics, la survie de l'entreprise demeure fragile.
Après avoir donné des sueurs froides aux organisateurs des JO, elle se fixe un nouveau cap. En ligne de mire, les États-Unis, avec l’ambition d’y accélérer dès 2026. Montée en gamme, développement de l'e-commerce et distribution plus sélective doivent permettre au Coq sportif de tripler son chiffre d’affaires d’ici à 2030, pour atteindre les 300 millions d'euros, tout en préservant son ADN et le savoir-faire français.
Au sommaire de notre dossier
- Intelligence artificielle : avec AMI Labs de Yann Le Cun, la France revient dans la course
- Made in France : le pari fou de Guillaume Gibault pour relancer Le Slip français
- Comment Bridor a transformé une friche normande en fleuron mondial en 18 mois
- Reconversion, alternance, accompagnement : la nouvelle stratégie d’Optic 2000 pour attirer des talents
- "L’État a fait des entrepreneurs une variable d’ajustement" : Eric Larchevêque lance son pari bitcoin en France
- Sisley : le pari du made in France à 130 millions d’euros dans un monde sous tension
Solex
Nostalgie quand tu nous tiens… Symbole des Trente Glorieuses immortalisé par Jacques Tati, le cyclomoteur est un patrimoine national. Il fait aujourd'hui son grand retour – sous le giron du groupe Rebirth – en version électrique. Un vrai coup de jeune pour la marque Solex, qui fête cette année ses 80 ans. Produite en France jusqu’en 1988, la célèbre bicyclette à moteur s’était écoulée à plus de 8 millions d’exemplaires. Mais ce come-back a un prix : ces nouveaux modèles made in France s’affichent entre 2 600 et 4 000 euros.
Matsuri
Nouvelle ère pour l’enseigne de restauration japonaise qui a popularisé le kaiten (tapis roulant sur lequel sont posées les assiettes) en France. Racheté en 2023 par Adrien de Schompré, fondateur de Sushi Shop, aux côtés de Céleste Velarde, ex-directrice artistique de Big Mamma, et de Sébastien Blanchet, anciennement chez PwC, Matsuri renoue avec la croissance et retrouve de sa superbe.
Au menu de la première chaîne nipponne de restauration à table en France, des sushis… mais pas que : des sandos (sandwichs japonais), des rolls et un espace café pour siroter un matcha. Le trio de repreneurs affiche ses ambitions : 17 ouvertures programmées en 2026, soutenues par un chiffre d'affaires en hausse de 42% en un an. A venir également, des partenariats en Europe (Luxembourg, Suisse, Belgique) ainsi qu'à Dubaï. Comptez un ticket moyen de 24 euros au déjeuner et de 28 euros au dîner. La gastronomie japonaise n’a pas dit son dernier mot.
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