Scène de polar sud-américain à Revenga, municipalité perdue au nord du Venezuela. Dans un gymnase surchauffé, c’est à leur insu que les membres de deux gangs ultraviolents, comme il en existe des milliers dans un des pays les plus criminogènes du monde, ont été enfermés les uns avec les autres. Avec, d’un côté, El Cementerio («le cimetière»), constitué de 36 tueurs à gages, kidnappeurs ou trafiquants. Et, de l’autre, La Placita («la placette»), soit 24 professionnels aux CV du même acabit. La tension est extrême, mais le grand gaillard qui les a réunis sans les prévenir va réussir un tour de force : convaincre ces mafieux de saisir une seconde chance, et de travailler pour lui, au sein de Santa Teresa, la principale distillerie de rhum du pays, dont il est le PDG.

Le miracle de la paix entre deux chefs de gangs

«Nous proposons cette réinsertion gang par gang, et non pas de manière individuelle, c’est pour cela que ce jour-là, j’ai pris le risque de réunir en face-à-face les deux groupes», raconte Alberto Vollmer, de passage en Europe pour fêter les vingt ans de son programme Alcatraz. Alors que La Placita et El Cementerio auraient pu dégainer leurs armes et se massacrer, le miracle se produit donc : au terme de minutes interminables, les deux chefs se sont serré la main et ont fait la paix. Depuis, le premier, Jose Gregorio Arrieta, est devenu entraîneur de rugby, et le second, Darwin Osio Ospino, garde du corps, tous deux au sein de l’entreprise. Une douzaine de gangs tout aussi étoffés ont ensuite été «recyclés» à travers ce programme social privé, aux valeurs basées sur l’éducation par le travail et la justice réparatrice.

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