Faut-il boycotter les produits américains face aux droits de douane invoqués par Donald Trump ? A cette question, Michel-Edouard Leclerc avait été plutôt évasif sur RTL le 19 mars dernier. N’appelant pas lui-même à tourner le dos à ces produits, il saluait l’initiative de certains consommateurs. Pourquoi ? Parce que selon lui, les distributeurs ont «obtenu de la déflation» et permis de limiter une hausse des prix entre 1% et 2%. Or, Donald Trump est en train de «stresser le marché», déplorait-il.

Désormais, il est nécessaire de faire front face aux attaques commerciales américaines, a laissé entendre le patron du groupement Leclerc, comme l’a repéré BFMTV. Invité de Télématin sur France 2 ce mercredi 26 mars, Michel-Edouard Leclerc a «prôné des lieux et des moments où industriels, producteurs, distributeurs et agriculteurs regardent comment on va réagir à ces attaques commerciales». Réagir, mais surtout «ne pas être naïf», insiste-t-il. «On ne doit pas se diviser et on doit faire nation et défendre nos produits français», a poursuivi le patron.

Trump appelé à prendre en compte le boycott français

De façon plus concrète cette fois-ci, Michel-Edouard Leclerc invite Donald Trump et «l'administration américaine brutale» à prendre en considération le boycott progressif des Français : «Pour un président américain qui a écrit 'L'art du deal', il doit comprendre que s'il veut nous amener sur le ring, on peut l'amener beaucoup plus loin», lance-t-il, en précisant qu’on ne «jouait pas simplement avec de l'argent et des marchandises», mais qu’il y avait «des gens derrière».

Dernièrement, plusieurs études ont montré que les Français étaient prêts à se passer des produits venus d’outre-Atlantique. C’est le cas pour 64% des Français selon celle de l’institut Discurv. Et parmi les marques les plus touchées, on retrouve les sodas (comme Coca-Cola) ou les chaînes de restauration rapide et les fast-foods (McDonald’s, Starbucks…). Il alerte également sur le risque de toucher des secteurs comme l’alcool et le vin avec des droits de douane de l’ordre de 200%.

Vers la naissance d’un «sentiment anti-américaniste» ?

«Ils ne vont pas seulement perdre leur crédit vis-à-vis de ces corporations (…) Ils vont faire naître un anti-américanisme qui se manifeste déjà par la culpabilisation des gens qui ont acheté des Tesla par exemple», ajoute Michel-Edouard Leclerc. Pour éviter cela, le grand patron mise sur le dialogue, la concertation et la collaboration entre filières. «On se parle, on s'échange beaucoup de statistiques, car nous ne savons pas avec qui la Commission européenne discute», confirme-t-il au micro de France 2.