Dimanche 11 janvier, la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, dans une interview accordée au JDD, s’est agacée de l’attitude d’une certaine partie de l’opposition, alors que les discussions budgétaires pour 2026 n’ont jamais été aussi tendues. Alors que le RN et LFI ont tous deux déposé chacun une motion de censure, en lien avec la gestion du dossier de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, la porte-parole dénonce un «cynisme électoral».

Pour elle, les oppositions tendent à mettre en œuvre des communications politiques, à se rendre en manifestations, sans pour autant assumer des choix concrets dans l’hémicycle. Une stratégie perdante selon elle, qui revient à déserter le débat parlementaire. La porte-parole critique notamment LFI pour avoir combattu dans le passé une loi d’orientation agricole, alors que le parti a bloqué un budget intégrant des mesures de soutien pour les agriculteurs.

Un budget indispensable à la stabilité du pays

Pour la porte-parole du gouvernement, «il doit y avoir un budget en janvier». Mais cela semble compromis étant donné le contexte politique dans lequel le pays se trouve actuellement. Toutefois, elle rappelle que la loi spéciale «n’est pas sans conséquence» et ne peut pas durer sans avoir des conséquences importantes sur le pays entier, puisqu’une loi spéciale empêche de réaliser les économies nécessaires à l’assainissement de la dette publique, ou encore de réaliser des investissements stratégiques, dans ce contexte international tendu.

Maud Brégeon explique son regret qu’une partie des parlementaires d’opposition ait choisi la voie de l’obstruction, plutôt que celle de la négociation. «On ne peut pas exiger plus de pouvoirs pour le Parlement et faire un refus d’obstacle sur la première de ses responsabilités : donner un budget à la France», martèle-t-elle. La porte-parole rappelle que le gouvernement reste ouvert aux compromis, notamment sur le sujet des efforts demandés aux collectivités locales. Enfin, elle insiste sur le fait qu’une motion de censure serait une prise de risque politique majeure, et considère que pour certains partis d’opposition, il s’agit là davantage d’une tentative pour «faire diversion».