
Des journées de travail à rallonge pour une rémunération modique. Camille Pouponneau, ancienne maire de Pibrac, travaillait 6 jours sur 7, de 5 heures à 22 heures, et 7 heures tous les dimanches. Un rythme infernal pour à la fin du mois toucher un salaire de 1 127 euros. Dans un livre intitulé Maires, le grand gâchis, la maire démissionnaire de cette commune de 9 000 habitants située près de Toulouse explique pourquoi elle a décidé de jeter l’éponge au bout de quatre ans, comme le rapporte BFMTV ce vendredi 21 mars.
Alors que la hausse des démissions de maires fait craindre un «crash démocratique», avec une pénurie de candidats aux élections municipales de 2026, comme le soulignait Le Monde en novembre dernier, les édiles sont aujourd’hui de plus en plus exposés au burn-out. Dans son ouvrage, l’ex-élue divers gauche de Pibrac évoque ainsi le mal-être des maires. Camille Pouponneau, qui raconte avoir vécu «un enfer», pointe le manque de moyens financiers, le contrôle de l’État, mais aussi les lourdeurs administratives.
«Je travaillais 70 heures par semaine»
«Je gérais un budget de 8 millions d'euros, sans agent. Je travaillais 70 heures par semaine. Je n'avais plus de vie perso», révèle-t-elle. «Au bout d'un moment, vous arrivez dans une situation où on vous sollicite pour à peu près tout, alors que vos marges de manœuvre sont très faibles», poursuit-elle auprès de nos confrères.
Constamment «en vigilance», l’ancienne maire, qui a raccroché son écharpe tricolore le 18 octobre dernier, deux ans avant la fin de son mandat, déplore également un climat de plus en plus tendu. «Il y avait une agressivité qui est certaine, qu'on sent monter, une polarisation de l'état d'esprit des gens», confie-t-elle. Une agressivité qui, selon elle, n’était pas dirigée contre elle personnellement, mais qui illustrait un «ras-le-bol plus global du système».
Si aujourd’hui, l’ancienne maire de Pibrac perçoit sa démission comme un échec, elle se dit, en revanche, «très fière d’avoir préservé (s)a santé».


















