
Ils n’ont été mis au courant que quelques minutes avant sa conférence de presse. Alors que François Bayrou va demander un vote de confiance à l'Assemblée nationale le 8 septembre prochain, ses ministres ont eu connaissance de cette décision seulement 30 minutes avant de la dévoiler aux Français. «On va dire qu'il a fait le minimum et qu'il ne pouvait pas non plus se permettre de laisser son propre gouvernement découvrir en direct qu'il allait faire ses cartons dans dix jours», confie un conseiller ministériel à BFM TV.
Ainsi, less membres du gouvernement ne se voilent pas la face et ont conscience que le Premier ministre et son équipe ont de grandes chances d’être renversés par les oppositions. «On se sent comme après un lendemain de cuite. On est tous un peu dubitatifs», avoue un ministre issu des Républicains. «Comme d'habitude, il décide de tout, tout seul, sans écouter personne, quitte à aller à la catastrophe nucléaire. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?», dépose l’un de ses collègues, alors que la majorité des ministres aurait préféré que le chef du gouvernement négocie pour tenter de faire passer le budget de l'État et de la sécurité sociale.
Le Premier ministre croit en sa bonne étoile
«Quand il nous a prévenus juste avant sa conférence de presse, on pensait qu’il avait pris cette décision avec l'assurance que les oppositions s'abstiendraient pour le vote de la confiance», explique un ministre LR. «On ne met pas les oppositions dans la merde mais le Premier ministre nous met dans la merde», ajoute-t-il. Si le soutien d’une partie des députés socialistes pourrait permettre au locataire de Matignon de sauver sa peau, le premier secrétaire du parti et le président des députés PS Boris Vallaud ont annoncé qu’ils voteraient contre la confiance du gouvernement, au même titre que le Rassemblement national.
«Depuis le départ, on est tous sur un siège éjectable et on le sait. C'est juste que ça arrive un peu plus vite que prévu», assure un conseiller ministériel. François Bayrou ne paraît pas défaitiste et met la pression sur les oppositions. Le Premier ministre affirme que les députés ont 13 jours pour choisir entre «le chaos» et «la responsabilité». «Quand vous avez dit très clairement que vous vouliez voir partir le Premier ministre, ce n'est pas dire le contraire le lendemain», précise l’un de ses collègues. La réponse ne vas plus trop tarder.


















