
Des drones encore «jamais observés» ont été identifiés en Libye malgré l’embargo de l’ONU, rapporte Reuters. Des images satellites commerciales montrent la présence d'au moins trois drones sur la base aérienne d'Al Khadim, située dans le désert à environ 100 kilomètres (62 miles) à l'est de la ville de Benghazi, entre fin avril et décembre 2025. Selon les experts, sont présents sur la base, un Feilong-1 (FL-1) – spécialisé dans la surveillance et l’attaque perfectionnée – de fabrication chinoise, et deux Bayraktar TB2 d’origine turque, sans pour autant exclure d'autres modèles. L’agence de presse n’est pas parvenue à identifier qui et à quelle date ont été fournis les drones.
Selon Justyna Gudzowska, directrice exécutive de l'organisation de surveillance The Sentry, le général Haftar essaie d’obtenir depuis plusieurs années des drones militaires auprès de la Chine, qui aurait été impliquée dans deux tentatives présumées d'introduction clandestine de matériel militaire non autorisé dans l'est de la Libye depuis 2019. Une cargaison de pièces de drones, en provenance de Chine et à destination de Benghazi, a même été interceptée par les autorités italiennes, agissant sur la base de renseignements américains, en juin 2024.
Un embargo en vigueur depuis 2011
L'Armée nationale libyenne (ANL), les gouvernements chinois et turc, ainsi que les fabricants des drones, la société de défense Zhongtian Feilong basée à Xi'an et Baykar basée à Istanbul, n'ont pas répondu aux sollicitations, tout comme le gouvernement libyen. De son côté, le département des affaires de consolidation de la paix de l'ONU a exprimé sa «vive préoccupation» face aux violations continues de l'embargo.
Pour rappel, l'embargo est en vigueur depuis 2011 lorsqu’un soulèvement soutenu par l'OTAN a renversé le dirigeant de longue date Mouammar Kadhafi. Depuis, une guerre civile a éclaté entre 2014 et 2020, lorsque l'Armée nationale libyenne (ANL) du général Haftar a tenté de renverser le gouvernement de Tripoli reconnu par l'ONU. Les drones avaient joué un rôle important dans ce conflit.
La Libye, un pays divisé
Aujourd’hui, le pays reste divisé entre l'administration de Haftar à l'est et le gouvernement basé à Tripoli et dirigé par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah à l'ouest. Mais l’acquisition de ces nouveaux drones de combat pourrait changer la donne. D’après le directeur de l'Institut Sadeq, un groupe de réflexion libyen, elle «constituerait une énorme victoire symbolique» pour Haftar, renforçant son emprise sur l'est et une grande partie du sud. Le général pourrait aussi intensifier sa présence sur d'importants champs pétroliers et consolider sa position dans les négociations visant à former un gouvernement libyen unifié.
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