C’est un programme secret et opaque à bien des égards. Afin de remplacer à terme le B-2 et le B-1 Lancer, les États-Unis veulent mettre en service dès 2027 le B-21 Raider, un bombardier furtif de sixième génération. Or, selon le site Forum Militaire, pour la toute première fois, l’appareil de Northrop Grumman a été aperçu dans le ciel. Une image furtive a été capturée où l’on voit le bombardier, vu du dessus, au cours d’un ravitaillement en vol. D’autant plus étonnante comme image, notent nos confrères, car elle peut révéler des éléments cruciaux.

En général, on peut voir des entrées d’air ou des échappements, et cette fois-ci, elle montre un aperçu de la conception globale de l’appareil, d’une part, mais également de sa logique globale ou de ses flux thermiques. Raison pour laquelle elle n’aurait sans doute jamais dû exister. Plus spécifiquement, cette image dévoile que le B-21 Raider embarque seulement deux moteurs. A titre de comparaison, le B-2 en embarquait quatre. Cet élément en dit long sur les capacités du nouvel appareil.

Deux moteurs, entrées d’air discrètes

Comme l’évoque Forum Militaire, deux moteurs seulement devraient réduire son poids. En outre, il devrait être moins complexe sur le plan mécanique, sera plus discret et pourrait rester plus longtemps en vol. A contrario, cela impose une optimisation extrême du flux d’air et de la combustion. C’est peu ou prou ce qu’annonçait Northrop Grumman, évoquant un bombardier plus endurant et consommant moins de carburant, ce qui devrait réduire sa dépendance aux ravitailleurs.

Pour Forum Militaire, il s’agit d’un «compromis entre discrétion radar, performance et coût d’exploitation». Avec des entrées d’air extrêmement discrètes, le B-21 Raider se distingue de ses prédécesseurs et cherche à être encore plus furtif, voire indétectable de certains radars. Quant aux échappements, ils pourraient limiter la détection infrarouge. Enfin, sur l’image dévoilée, le cockpit serait particulièrement réduit dans «une logique reposant sur la réduction radar, l’intégration numérique et la sécurité».

Estimé à plus de 800 millions d’euros l’unité, il devrait moderniser la capacité de frappe à longue distance des Etats-Unis. Mais début avril, des chercheurs chinois ont affirmé avoir découvert deux défauts concernant l’aérodynamisme et la signature radar. Si ces affirmations ont pu être assimilées à de la propagande, l’image dévoilée pourrait rebattre les cartes dans un secteur très scruté. Les premières livraisons sont prévues l’année prochaine.