
Patrick Martin tape du poing sur la table. Le président du Medef a invité, vendredi 4 juillet, l’Union européenne à «agir» sans délai contre Shein, auprès de l’AFP. «Ces grands acteurs sous-déclarent la valeur des produits qu'ils exportent vers la France», a-t-il affirmé à l’occasion d’un débat aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, émettant des doutes quant à la valeur moyenne d'un colis expédié depuis la Chine par Shein, qui serait de 8 euros. Sinon, «un bon nombre de secteurs sont laminés», a-t-il martelé. Selon lui, «l’Etat français peut agir» seul, «quitte à se mettre en infraction» avec l’UE.
«Veut-on dans ce pays revenir à la prospérité, se donner des horizons, redonner le moral, de l'appétit à nos concitoyens plutôt que, comme c'est le cas aujourd'hui, devoir aller racler les fonds de tiroirs», s’est interrogé Patrick Martin. Ce dernier a d’ailleurs déclaré avoir proposé aux partenaires sociaux d'ouvrir «un chantier sur le modèle productif français».
50 000 pertes d’emplois
Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, qui débattait avec Patrick Martin, a déploré «la relative indifférence générale» au sujet de la fermeture de multiples enseignes commerciales depuis près d'un an et demi. Ces dernières ont conduit à la perte de 50 000 emplois. D’après le dirigeant, ce constat est dû à «la concurrence complètement folle, puissante, soudaine» des plateformes chinoises qui ne respecteraient pas non plus les réglementations.
Si Alexandre Bompard précise «qu’une légère reprise des volumes de consommation» a lieu depuis le début de l’année 2025, tout cela reste «fragile». «C'est la raison pour laquelle je demande aux pouvoirs publics d'arrêter le discours anxiogène sur les dépenses publiques». Ce dernier serait à l’origine du taux d'épargne français qui dépasse ainsi les 18 %.


















