Un «cher Olaf» par ci, un «cher Emmanuel» par là, ponctués de grandes tapes dans le dos… Le 22 janvier à Paris, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz ont voulu donner l’image d’un couple franco-allemand soudé. Il fallait bien cela pour célébrer l’anniversaire du traité de l’Elysée, qui avait scellé la réconciliation entre les deux pays, il y a soixante ans. Démonstratif, Emmanuel Macron a osé un vibrant: «Nous sommes deux âmes dans une même poitrine», tandis que l’austère Olaf Scholz se contentait de saluer «la formidable machine de compromis» que serait le moteur franco-allemand en Europe. Ils ont ensuite juré, la main sur le cœur, que leurs positions allaient désormais converger dans tous les domaines. Las, alors qu’elles étaient déjà à l’œuvre, les dissensions ont repris de plus belle, sitôt le gouvernement allemand rentré à Berlin. Et l’hiver a vu les deux pays s’écharper à Bruxelles, sur les questions énergétiques.

Certes, ce type d’affrontements entre les deux plus grandes puissances économiques du continent européen n’est pas nouveau. Depuis plus de vingt ans qu’il dirige l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg, au nord de Stuttgart, l'universitaire Frank Baasner en a été le témoin, que ce soit au sujet du pacte de stabilité, du plan de sauvetage de la Grèce ou de la crise des migrants. Mais cette fois-ci, ce parfait francophone est plus inquiet que d’habitude. «Ce qui a changé, c’est la nature des défis extérieurs que représentent la guerre en Ukraine, la crise climatique et le conflit entre les Etats-Unis et la Chine. Ils créent des contraintes très fortes, ainsi qu’une pression dans le temps.» Les compromis s’avèrent d’autant plus difficiles à trouver que, à chaque sujet épineux, les deux nations entraînent derrière elles d’autres pays membres, au sein d’alliances de circonstance, à géométrie plus que variable. Notre tour d’horizon des dossiers explosifs du moment.

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