Alors qu’Airbus prévoit des livraisons record en 2026, son patron monte au créneau afin que l’Europe protège sa souveraineté. Interrogé sur BFM Business dans l’émission Air&Défense, Guillaume Faury a déploré le manque de concertation et d’unité au niveau européen alors que les menaces chinoises et américaines se font de plus en plus pressantes dans de nombreux secteurs. «Il n'y a pas un chef qui commande tout le monde, mais il y a 27 chefs qui voient midi à leurs portes et qui sont élus par leurs citoyens, ça rend la coopération beaucoup plus compliquée», a tancé le patron d’Airbus.

Surtout, il fait un constat clair : «Il faut être honnête et constater qu'on n'a pas du tout en Europe aujourd'hui une préférence européenne.» Sur BFM Business, Guillaume Faury a urgé les Européens à «changer de vitesse», car aujourd’hui, la situation est «très frustrante», a-t-il mis en avant. Il a notamment déploré «la somme des optimums locaux (qui) nous mets très, très, très loin de ce que serait l'optimum global d'une Europe intégrée et la puissance de feu que pourrait avoir une Europe intégrée». C’est pour cela que l’Europe doit se renforcer dans des secteurs-clés comme la défense et le spatial.

Surmonter la crise que traverse l’Europe

Guillaume Faury milite ainsi pour cette préférence européenne et appelle les 27 Européens à plébisciter la dimension supranationale. «C'est difficile, parce que chaque pays est souverain (…) et donc céder de la souveraineté (...), on voit qu'aujourd'hui c'est très difficile», a-t-il lancé. Car même si de nombreux projets ont été lancés, les résultats sont encore loin d’être au rendez-vous. Toutefois, même si les Européens ont «encore beaucoup de chemin à faire», Guillaume Faury n’est pas alarmiste.

Malgré la crise actuelle, «une bonne crise», selon le patron d’Airbus, «il va falloir qu'on la surmonte positivement et qu'on crée des solutions qui n'existent pas aujourd'hui», a-t-il plaidé sur BFM Business. Dans son viseur, une possible concurrence des mastodontes comme SpaceX avec Starlink.

Guillaume Faury a ainsi évoqué le projet «Bromo», fusion des activités satellitaires d'Airbus, Thales et Leonardo, afin de créer un géant européen du spatial. Cette coentreprise estimée à 10 milliards d’euros doit pouvoir peser face aux géants américain et chinois. Dans le passé, les tentatives de rapprochement dans le spatial avaient toutes échoué.