
Comment Jeffrey Goldberg, journaliste pour The Atlantic, a-t-il pu se retrouver, le 15 mars dernier, dans une conversation classée secret-défense dans la pourtant très sécurisée messagerie Signal ? Alors que des responsables du Pentagone échangeaient des informations sensibles sur le plan d'attaque de l'armée américaine au Yémen, Goldberg avait pu, sans risque d'être repéré, assister à cette réunion grâce à une énorme bourde du conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz. Ce dernier l'avait invité dans le groupe... par erreur.
Cette faille de sécurité, a-t-on appris le 6 avril grâce à des informations révélées par The Guardian et relayées par Libération, serait due à une mauvaise manipulation effectuée par Mike Waltz dans son répertoire téléphonique. Le conseiller américain, selon trois sources concordantes, aurait en effet enregistré le numéro de Jeffrey Goldberg dans la fiche contact de Brian Hughes, un chargé de communication de l’administration Trump qu’il voulait ajouter au groupe Signal.
Des messages entiers du ministre de la Défense avaient été publiés
Cette erreur de manipulation a permis à The Atlantic de publier des messages entiers – captures à l'appui – du Secrétaire à la Défense, avec les horaires précis des frappes prévues contre les rebelles Houthis et les armes utilisées. La divulgation de ces informations classées secret-défense avait provoqué la colère de Donald Trump. Mais pas en raison de la faille de sécurité pourtant colossale : le président s'était plutôt montré ulcéré par le fait qu'un membre de son administration possède, dans son répertoire téléphonique, le numéro d'un journaliste travaillant pour un média considéré comme «ennemi».


















