La France est connue dans le monde entier pour ses fromages. Pourtant, «on a jamais autant importé de fromage», constate Thierry Bouche, économiste pour Cambre d’agriculture France, auprès de BFMTV. Cette situation est à remettre dans un contexte de globale chute de l’excédent commercial alimentaire du pays, réduit à 200 millions d’Euros en 2025. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis le début du XXIe siècle. L’excédent commercial pour les produits agroalimentaires est passé de 4,4 milliards d’Euros en 2024 à 500 millions d’Euros. Le solde agricole est même déficitaire à 300 millions d’Euros.

L’alimentaire reste le premier poste d’exportation en France et a rapporté 84,2 milliards d’Euros à la France en 2025. Mais les importations croissent beaucoup plus vite que les exportations. Il faut dire que le contexte international n’est pas favorable. Les exportations de boissons ont, par exemple, reculé de 20% sur un an vers les États-Unis. Cette baisse est notamment due aux nouveaux droits de douane américains.

Trois raisons conjoncturelles pour expliquer la situation

Pour Thierry Pouch, cette situation est «la continuation de notre déficit sur l'Union européenne, mais il y a aussi un recul avec les pays tiers». Il identifie trois éléments conjoncturels pour l’expliquer : la parité de l’Euro avec le dollar depuis un an, le renchérissement du café et du cacao, et les droits de douane de Donald Trump. L’expert considère qu’il y a aussi des raisons structurelles : «Il faut une cohérence de stratégies pour répondre à la demande, notamment la demande mondiale qui est appelée à augmenter, dans les céréales, le sucre, la viande…». En 2014, la France représentait 19% de la production européenne contre 16% en 2025.