Invitée de l'émission À l'heure du choix sur France 3, mardi 30 septembre, la sénatrice LR Agnès Evren s’est montrée très critique de la taxe Zucman. Cet impôt-plancher de 2 % viserait les hauts patrimoines des ultra-riches de plus de 100 millions d’euros, et concernerait environ 1 800 foyers fiscaux en France. Selon la sénatrice, l’idée qu’une telle taxe suffirait à redresser les comptes publics et l’état actuel de la dette est illusoire. «À vous entendre, on dirait qu’il existe une taxe magique et que cette taxe va aider à réduire les déficits et les dépenses en taxant 1 800 foyers fiscaux» a-t-elle lancé à son interlocutrice Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes.

Pour la sénatrice Républicaine, cette idée semble être dans la droite lignée des réformes portées par la gauche depuis plus de cinquante ans. Des réformes qui, selon elle, ont mené l’économie du pays «droit dans le mur». Elle cible notamment la réforme souhaitant rétablir l’âge de la retraite à 60 ans, mais aussi la volonté de la gauche de revenir aux 35 heures. Des réformes sociales qu’elle nomme comme étant des représentations du «social-étatisme», responsable en partie de l’état actuel du déficit public. «Cela fait 50 ans que la France vit au-dessus de ses moyens et nous devons prendre nos responsabilités», explique-t-elle en plateau de France 3.

«Pas plus d’impôt, moins de dépenses publiques»

Dans un tweet publié à la suite de son intervention sur France 3, la sénatrice a appuyé son propos. «Les Français font des efforts chaque jour. Mais un seul n’en fait jamais : l’État ! Lui aussi doit se serrer la ceinture». Pour elle, l’objectif de l’État devrait donc être de réduire ses dépenses publiques, et non pas d’imposer de nouvelles franges de la population ou des acteurs économiques français. Une logique qui fait partie des raisons pour lesquelles le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a refusé la taxe Zucman et le rétablissement de l’ISF. L’ancien Premier ministre François Bayrou, lui, s’était engagé à ramener le déficit public à 4,6 % du PIB dès 2026, puis sous les 3 % à l’horizon 2029.

Pour les Républicains, les moyens mis en place pour atteindre cet objectif semblent donc insuffisants. Selon Agnès Evren, le gouvernement refuse pour l'heure de diminuer le train de vie de l’État, une priorité de fond selon le parti.