
Un conflit local devenu politique. Cela fait plusieurs semaines que le maire PS de Saint-Ouen, Karime Bouamrane, milite pour faire fermer l'enseigne Master Poulet dans sa ville. Il semblerait que les Français soient plutôt favorables à cette mesure. En effet, selon un sondage Ifop pour Darwin Nutrition, 55 % des Français approuvent la lutte de l’édile. Ils sont même 75 % des ouvriers et 61 % des habitants de banlieues populaires à soutenir cette idée.
Si l’on s’intéresse aux sensibilités politiques des sondés, Karim Bouamrane est davantage soutenu par les personnes placées à droite de l'échiquier politique que par son propre camp, puisque 63 % des sondés votant pour Les Républicains se prononcent pour une fermeture du fast-food. Ils sont 66 % parmi les sympathisants de Renaissance. A gauche, ils ne sont que 42 % du côté des sondés votant pour les Écologistes et 45 % chez les sympathisants de La France insoumise.
La moitié des Français veulent limiter le développement des fast-foods
Selon l’Ifop, si «les Français ne sont pas hostiles aux fast-foods en général, ils le deviennent quand ils en sont les riverains directs». Ce rejet plus ou moins fort des fast-foods selon la distance de son domicile «rappelle que le débat sur l'urbanisme commercial ne se joue jamais tout à fait là où on l’instruit», affirme François Kraus, directeur du pôle politique et actualité de l’Ifop.
Un certain nombre de Français pointent également les nuisances, relatives à l’heure des livraisons, aux odeurs ou au bruit, que peuvent entraîner ces fast-foods. «Les maires qui plaident contre la prolifération des fast-food ne mobilisent pas une idéologie, mais un vécu de riverain qui transcende les appartenances partisanes», confie François Kraus. La moitié des Français sont favorables à une régulation de ces derniers en permettant aux pouvoirs publics de limiter leur développement. Au contraire, ils sont 18 % à défendre le principe de la liberté d’installation.



















