C’est un trafic qui génère un chiffre d’affaires énorme chaque année : plus de 7 milliards d’euros par an selon les chiffres de l’Office français antistupéfiants. Dans ce cadre, le garde des Sceaux a annoncé la création du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) afin de frapper les réseaux à la racine. Ils sont au total une trentaine à composer ce service et à venir des finances publiques, de la police, des douanes ou encore de l’administration pénitentiaire. Outre la saisie des drogues, le Pnaco vise la saisie de biens et d’argent «qui permettent aux trafics de perdurer», expliquait en décembre la procureure Vanessa Perrée.

Pour traquer ces flux financiers et les ressources des criminels, l’Etat peut également compter sur des services qui ont été abandonnés ces dernières années, rappelle 20 Minutes. Comme le confirme le colonel Philippe Crolle, leur coordinateur national, ils étaient même «en perte de vitesse». Mais comme les saisies sont désormais records, ils sont relancés. Il s’agit des groupes interministériels de recherches (GIR). Rien qu’à la fin de l’année 2025, 323 millions d’euros ont été saisis. Ils sont composés d’agents des services des impôts, de l’inspection du travail ou des douanes, et sont 41 dans le pays.

Le GIR : «un rapport qualité-prix remarquable»

Dans l’Hexagone, on compte environ 400 agents. Malgré des effectifs réduits, les sommes prélevées s’apparentent donc à une nouvelle arme financière, à tel point que les GIR sont devenus «un rapport qualité-prix remarquable», précise à nos confrères le procureur général de la Cour d’appel de Rennes. Rien que dans les départements dont il a la charge, l’Etat a récupéré plus de 11 millions d’euros, dont un quart a trait au narcotrafic. Le blanchiment d’argent, le travail illégal ou les fraudes aux financements publics sont les autres secteurs ciblés.

Que saisissent les agents du GIR ? Absolument tout, comme le confirme à 20 Minutes le commandant du groupement de Rennes. Siglés d’un «€» doré, ils s’attaquent aussi bien à l’argent liquide qu’aux voitures, aux biens immobiliers ou aux bateaux. Certains éléments leur mettent la puce à l’oreille, à l’image de comptes bancaires de petits enfants déjà bien fournis à tout juste trois ans. L’année dernière, les saisies ont doublé à Rennes. Tout propriétaire du bien peut réclamer son dû, mais il doit alors prouver qu’il l’a acquis légalement.

1,44 milliard d’avoirs criminels saisis en 2025

Interrogé par nos confrères, le procureur général près la cour d'appel de Rennes, Thierry Pocquet du Haut-Jussé, rappelle que le «blanchiment d’argent, c’est cinq ans de prison». Il cite une affaire de fermeture de kebab, où le patron recevait de l’argent issu du trafic de drogue et rémunérait indûment avec des personnes qui ne travaillent pas. Si le coordinateur national des GIR avoue vouloir «assécher les réseaux de blanchiment», l’Etat compte désormais dessus. Rien qu’en 2025, 1,44 milliard d’euros d’avoirs criminels ont été saisis, un chiffre en hausse de 11% en un an.