
«L'information, oui, la taxation, non». Suivant l’avis du gouvernement qui la juge contraire aux normes européennes, les sénateurs ont rejeté une mesure du budget de la Sécurité sociale visant à rendre obligatoire l'affichage du Nutri-score sur tous les emballages des aliments, ce vendredi 21 novembre. Ainsi, 212 parlementaires se sont opposés à l’article introduit à l’Assemblée nationale au début du mois de novembre. 117 membres de la chambre haute y étaient favorables.
Dans le cas où le texte avait été adopté, les entreprises qui auraient refusé d’afficher le Nutri-score sur les emballages, cette échelle de notation des aliments pouvant aller de A à E, auraient été taxées à 5 % sur leur chiffre d’affaires. Selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui soutient la suppression de cette mesure, elle est incompatible «avec le droit européen».
L’association UFC-Que choisir mécontente
A gauche, ce rétropédalage n’a pas été apprécié. Selon le sénateur Bernard Jomier (groupe socialiste), il est «largement prouvé que le Nutri-score modifie les comportements dans le bon sens et notamment pour l'alimentation des enfants. Le généraliser est un véritable outil de santé publique». Pour rappel, samedi 15 novembre, la suppression du dispositif avait été repoussée en commission des Affaires sociales. Quant à l’association UFC-Que choisir, elle a exprimé sa «déception». «Encore une fois, le Sénat a préféré défendre les intérêts industriels plutôt que la santé publique et c'est un problème», a-t-elle expliqué à l’AFP.
Par ailleurs, les sénateurs ont adopté une taxe, déjà adoptée par les députés, sur les boissons énergisantes alcoolisées. Ainsi, elle a été élargie pour prendre en compte des boissons mélangeant alcool fort et ingrédients sucrés et aromatisés. Un amendement visant à instaurer une taxe sur les sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge a aussi été adopté par les parlementaires.
















