L’île Longue, dans la rade de Brest, est la base militaire la plus secrète. Les téléphones portables y sont interdits. Et pour cause, c’est là que se trouvent quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins capables d’emporter seize missiles (SNLE) et prêts à intervenir sur décision du président de la République, rappelle Le Monde. Or, comme l’ont dévoilé nos confrères, des informations sensibles ont fuité. Comment est-ce possible ? Grâce à leurs montres connectées. Des militaires travaillant sur ces sous-marins nucléaires ont été identifiés grâce à l’application Strava destinée aux sportifs.

Or, lorsque le mode «public» est activé, les activités et données GPS des usagers sont dévoilées. Dans le cadre de leurs investigations sur les «Stravaleaks», les journalistes du Monde ont pu établir que les mouvements de patrouilles de sous-marins ont pu être compromis. En effet, certains militaires ont utilisé leurs vrais noms et leurs profils étaient publics. Ainsi, selon Le Monde, les données collectées sur Strava ont permis de mettre au jour des itinéraires de patrouilles, leurs horaires ou comment elles sont effectuées.

L’identité des militaires mise au jour

Ces données montrent également à quels moments les militaires se trouvaient en mer. Interrogé par BFMTV, le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, estime que le «véritable risque n’est pas tant à Brest que sur une base française», mais il l’est «s’il y a des forces spéciales déployées sur un théâtre d’opérations dans la clandestinité et que l’on n’a pas la localisation exacte de la base». Il ajoute : «Si un membre, une fois qu’il a fait son sport, donne ses données, on va pouvoir le localiser, et là il y a un véritable enjeu de sécurité».

Un discours étayé par l’ancien adjoint à la coordination nationale du renseignement, Jérôme Poirot, pour qui les militaires se sont aussi mis en danger puisque tout le monde peut avoir accès à leur identité ou savoir où ils habitent. Il pointe du doigt la dangerosité que cela représente puisque des services étrangers pourraient «entrer en contact avec eux». Interrogée par Le Monde, la marine française reconnaît une «situation problématique» tout en assurant qu’il n’y a «pas de risque majeur».

La garde rapprochée d’Emmanuel Macron déjà pointée du doigt

Ces données ne présentent en outre «aucune lacune susceptible d'affecter les activités de la base opérationnelle de l'île Longue». Au total, deux à trois membres seraient concernés, ils ont été rappelés à l’ordre. Au mois d’octobre dernier, Le Monde avait déjà révélé que l’application aurait compromis la sécurité d’Emmanuel Macron. Des données afférentes à des membres de sa garde rapprochée avaient ainsi été identifiées, donnant des informations sur son parcours de jogging le dimanche, mais également lors de déplacements à l’étranger.