Fabien Mandon prend la tête des armées françaises. C’est le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, qui l’a annoncé mercredi 23 juillet. Il prend la place du général Thierry Burkhard, qui faisait précédemment partie de l’Armée de Terre. Il quitte son poste après quatre années, profondément marquées par la guerre en Ukraine, laissant derrière lui l’héritage d’une transformation rapide des armées françaises.

Ce choix d’Emmanuel Macron a une signification particulière. Premier aviateur à ce haut poste depuis trente ans, depuis le général Douin en 1995, il était anciennement pilote de chasse. Et à l’armée de l’air, sa promotion est vécue comme une revanche attendue. Un profil atypique donc : l’homme est connu pour son calme olympien, son empathie, et son style décontracté en façade, selon L’Express. «Être chef, ce n’est pas hausser la voix, c’est savoir décider», affirme-t-il. Et depuis mai 2023, il est surtout l’homme de la situation pour le Président, et multiplie les missions délicates, qu’elles soient en Arménie, en Israël, en Ukraine ou en Arabie Saoudite. Dans la boucle de tous les dossiers, son avis est toujours demandé.

Un homme de l’ombre au cœur de l’Élysée

Jamais un excès, toujours le sourire. Pour certains, c’est le cliché du «gendre idéal». Toujours présent aux entretiens du président avec le ministre des Armées, c’est aussi lui qui pilote les réunions du conseil de défense, et s’occupe d’ailleurs parfois de l’ordre du jour en amont. Parfois, sous sa décontraction apparente, il lui arrive pourtant de provoquer de petites guerres internes : en janvier dernier par exemple, il a fait circuler une note sur la situation en Ukraine sans validation diplomatique. S’en est suivi un clash avec la cellule étrangère de l’Élysée. Mais cette crise révèle son caractère : discret mais décidé.

Son autre particularité : Fabien Madon ne vient pas d’une famille de militaires. Il a d'ailleurs confié avoir longtemps rêvé de devenir footballeur professionnel, avant de choisir l’aviation militaire, au détour d’un cours d’aviation en école de l’air. Par le passé, il a commandé la base d’Avord, combattu en Afghanistan, mais aussi perdu un ami pendant une mission. Parmi ses proches, on le décrit comme un homme avant tout attentif, lucide sur les menaces d’aujourd’hui. Et ces dernières années, il est aussi l’un des seuls à avoir accès aux dossiers les plus sensibles de la DGSE.