Si le gouvernement de plein exercice a duré 14 heures, la France ne se retrouve pas sans personne aux commandes. Après la démission de Sébastien Lecornu, les 18 ministres ont, par conséquent, appris la fin de leur rapide expérience. Résultat, si le pays ne dispose pas d’équipe gouvernementale, comme le décret annonçant les nominations des ministres a déjà été publié au Journal officiel, c’est le casting Lecornu qui va devoir gérer «les affaires courantes». Et ce, jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit nommé ou en cas de nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale.

Par conséquent, à Bercy, «les affaires courantes reviennent à Roland Lescure et à Amélie de Montchalin», assure le ministère de l’Economie et des Finances. Mais dans certains autres, la confusion est d’autant plus visible. Par exemple, aux Sports, malgré l’annulation de la passation de pouvoir entre Marie Barsacq et Marina Ferrari, c’est bien cette dernière qui conduira la politique «courante» de la jeunesse et des sports pour la suite, rapporte Le Parisien. A la fonction publique, c’est bien Naïma Moutchou qui devra la gérer.

Les ministres démissionnaires peuvent recruter 15 collaborateurs

«La passation de pouvoir n’a pas été consommée. C’est un cas nouveau sous la Ve République», reconnaît Claire Cuvelier, maîtresse de conférences en droit public à l’Université de Grenoble Alpes, qui assure tout de même qu’il n’existe pas «d’instabilité de l’Etat». Celui-ci se matérialise alors sous la forme du secrétariat général du gouvernement (SGG). Il «est le premier conseiller juridique du gouvernement. Il prépare les textes pour le gouvernement. Il prépare aussi les décrets de nomination du gouvernement ou par exemple, la nomination d’un préfet ou la préparation d’une éventuelle élection», ajoute l’enseignante.

Selon Alexandre Viala, professeur de droit constitutionnel à l’université de Montpellier, «le secrétaire général du gouvernement devient le chef de l’exécutif en quelque sorte. Son travail devient celui d’assurer la continuité de la nation mais sans prendre des décisions à caractère politique». Face à cette situation inédite, Matignon a autorisé les ministres démissionnaires du gouvernement Lecornu à recruter 15 conseillers, après avoir envisagé une règle de cinq conseillers, selon les informations d’Acteurs publics.