C’est une affaire qui fait parler. Un mois après que le porte-avions Charles-de-Gaulle a été localisé en mer suite à l’utilisation par un passager de l’application sportive Strava, une nouvelle faille sécuritaire entourant le fleuron de la marine française déployé en Méditerranée a été découverte. Comme le rapporte Le Parisien, le média néerlandais Omroep Gelderland a voulu tester la sécurité de la frégate Evertsen, dont la mission est de protéger et d’escorter le Charles-de-Gaulle. Ainsi, à l’aide d’un traceur Bluetooth placé dans une carte postale et directement envoyée sur la frégate, celle-ci a pu être localisée par les journalistes alors qu’elle effectuait une mission en mer.

Cette affaire n’a d’ailleurs pas manqué de faire réagir le ministère de la Défense néerlandais, un porte-parole ayant fait savoir qu’à la suite de cet incident, plusieurs ajustements ont été réalisés par la marine de guerre. Par conséquent, il n’est désormais plus autorisé d’envoyer à l’Evertsen des cartes de vœux avec des piles, tandis que les directives concernant la sécurisation du courrier militaire, elles, ont été réexaminées sans que le courrier ne soit stoppé pour autant.

L’État-major français minimise l’incident

Côté français, bien que l’information de cet incident ait été confirmée, l’État-major a toutefois tenu à le minimiser. «Ce dispositif n’a fonctionné que tant que le bâtiment était à portée GSM des côtes», a-t-il expliqué. Expliquant que lorsque le groupe aéronaval français (GAN) navigue à proximité des côtes, celui-ci reste volontairement repérable, le traceur placé à l’intérieur de la carte postale n’aurait alors fait que confirmer «ce que des jumelles performantes permettraient déjà d’observer», a précisé un officier de l’État-major des armées.

Par ailleurs, bien que la manœuvre de communication révélée par le journal néerlandais est «spectaculaire», dans les faits, «le dispositif ne réalise pas une prouesse», a fait savoir le commandement de l’armée française. En effet, dans le cas où le porte-avions Charles-de-Gaulle et son escorte souhaitent réduire leur visibilité en prenant le large, ce type de tracker ne fonctionne plus en raison du manque de portée GSM. Réaffirmant que les armées sont très attachées à la sécurité de leur personnel, celles-ci sont par ailleurs «très attentives à ne pas compromettre leurs opérations en respectant les procédures qui les garantissent», a conclu l’État-major.