Les joies de la guerre, dirons-nous. À la faveur d’un contexte international sous tension, poussant les pays européens à se réarmer pour se protéger, notamment, de la Russie, le business de l’armement français a le vent en poupe. La France a ainsi écoulé pour 21,6 milliards d’euros d’armement en 2024, selon le rapport annuel du ministère des Armées au Parlement, un quasi-record, mais bien loin des 27 milliards d’euros engrangés en 2022.

Le tout nouveau Premier ministre, et ancien ministre des Armées, Sébastien Lecornu, peut alors se féliciter de ce bilan avant d’entrer à Matignon. Le pays est devenu, l’an passé, le deuxième exportateur mondial d’armement, loin derrière l’impérial Etats-Unis. Dans le détail, le secteur aéronautique a représenté 43 % des produits exportés, le secteur naval 33 % et les matériels terrestres 15 %.

Un total de près de 40 milliards d’euros de commandes

Une nouvelle fois, les avions de combat Rafale ont su séduire la clientèle étrangère, dopant ainsi les prises de commandes. 12 appareils ont été vendus à la Serbie, 18 avions à l’Indonésie. Quatre sous-marins Barracuda ont été achetés par les Pays-Bas, selon le rapport révélé par le journal en ligne Médiapart. Le journal pointe également un client qui ne plaît pas aux ONG combattant le génocide palestinien. Dans sa guerre qu’il mène à Gaza, Israël a acheté pour 27,1 millions d’euros d’armes à la France.

Le verre à moitié plein. «Au total, près de 40 milliards d’euros de commandes ont été enregistrés, en intégrant celles destinées aux forces armées françaises», se félicite malgré tout ce rapport, qui rappelle que «les exportations restent une condition absolument nécessaire pour assurer le maintien d’une base industrielle apte à équiper nos forces». Pour autant, la France a essuyé quelques revers dernièrement, notamment lorsque la Norvège a préféré miser sur des frégates britanniques plutôt que celles de Naval Group.