Avant de voir circuler de nouvelles rames à deux étages, les voyageurs du RER B vont devoir composer avec plusieurs années de travaux, note un article publié dans Le Parisien le 20 février. Rails, alimentation électrique, aiguillages, modernisation des gares, automatisation du tunnel central avec le système NeXteo : l’infrastructure, pour partie inchangée depuis la fin des années 1970, fait l’objet d’une remise à niveau d’ampleur engagée il y a sept ans. Les quais souterrains de la gare du Nord, jamais rénovés depuis 1979, devront notamment être entièrement repris, avec de longues interruptions de trafic prévues durant les étés 2026 et 2027.

«Il va encore y avoir de très gros travaux à effectuer sur cette ligne, qui a l’âge de ses artères», prévient la présidente d’Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse. «On ne fait pas du cosmétique, mais un travail de fond colossal. Changer une ligne ancienne en ligne neuve, c’est beaucoup plus compliqué que d’en construire une neuve». Ces transformations sont d’autant plus nécessaires que les 154 rames actuelles (MI79 et MI84), en service depuis plus de quarante ans, arrivent en fin de vie. Leur remplaçant, le MI20, n’est pas attendu avant décembre 2028, au mieux. En attendant, la maintenance a été repensée, avec la modernisation des centres de Mitry et de Massy - ce dernier ayant bénéficié de 200 millions d’euros d’investissement, permettant de réduire de 90 minutes certaines opérations techniques.

900 000 voyageurs chaque jour

Dans ce contexte, la progression de la régularité apparaît comme un signal encourageant. En 2025, 89 % des RER B sont arrivés à l’heure en moyenne, soit 4 points de mieux qu’il y a deux ans. Un résultat attribué au «plan Yves Ramette», lancé en 2024 pour améliorer l’exploitation de cette ligne coexploitée par la RATP et la SNCF, empruntée chaque jour par plus de 900 000 voyageurs. Parmi les mesures mises en œuvre : la prise en charge des malaises voyageurs directement sur les quais. «Cela a permis de diviser par trois l’impact des malaises», a salué Valérie Pécresse. Les procédures en cas d’intrusion ont également évolué : les conducteurs peuvent désormais «rouler à vue» à 30 km/h, ce qui limite les arrêts prolongés. Transilien SNCF Voyageurs a constaté «40 % d’intrusions en moins sur les voies». Reste que l’objectif affiché est de gagner encore un point de ponctualité par an jusqu’en 2035, un cap ambitieux pour une ligne dont la modernisation complète pourrait s’étirer jusqu’en 2032.