
L’aéroport de Limoges-Bellegarde est au centre d’une enquête ouverte par le parquet de Haute-Vienne, révèle France 3 le 21 février 2025. Les soupçons portent sur un possible détournement de fonds publics et des faits de favoritisme dans l’attribution de subventions publiques à la compagnie irlandaise Ryanair, possiblement en violation de la législation européenne. L’objectif initial de ces aides était de soutenir l’implantation de la compagnie pour dynamiser l’économie locale.
Le syndicat mixte gestionnaire de l’aéroport, regroupant la région Nouvelle-Aquitaine, le département de Haute-Vienne et Limoges Métropole, a confié la gestion à la CCI de Limoges. Son président actuel, Pierre Massy, et son prédécesseur Jean-Pierre Limousin, ont été entendus par les enquêteurs. Des cadres de Ryanair ainsi que des représentants de compagnies concurrentes soupçonnées d’avoir reçu des subventions indues ont également été interrogés.
Une infraction aux règles européennes d’aides d’État
Les aides publiques aux entreprises sont strictement régulées par l’Union européenne pour éviter toute distorsion de concurrence. Ces subventions ne peuvent être octroyées que si elles reflètent les conditions du marché. Toute aide publique sans justification économique claire est jugée incompatible avec le marché intérieur et doit être remboursée.
Ryanair n'en est pas à son premier démêlé avec la Commission européenne sur ce sujet. En 2024, la compagnie a été contrainte de rembourser 14 millions d’euros de subventions illégales reçues de l'aéroport de Frankfurt-Hahn, en Allemagne. En 2019, elle a dû restituer 8,5 millions d’euros à l'aéroport de Montpellier. Plus anciennement, la société avait également été condamnée pour des aides jugées illégales en Belgique, en provenance de l'aéroport de Charleroi, bien que cette décision ait été annulée pour vice de forme.
Une dépendance inquiétante à Ryanair
L’enquête du procureur de la République de Limoges a été ouverte en 2020, deux ans après un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine. Ce dernier pointait des contrats de marketing et de publicité passés par l'aéroport, jugés contraires aux principes du droit de la commande publique. Les versements effectués dans le cadre de ces contrats pourraient ainsi enfreindre les règles de l’Union européenne sur les aides d’État. Ryanair n’a pour l’instant pas répondu aux sollicitations des journalistes.
















