Fin décembre 2025, une habitante de Montcenis, commune de Saône-et-Loire, envoie comme d’habitude des chèques de dons à trois associations ainsi qu’à sa mutuelle santé. Quelques semaines plus tard, elle remarque un phénomène étrange et inédit : l’un de ces chèques a été encaissé, mais pour 300 euros au lieu des 80 euros donnés, selon le Journal de Saône-et-Loire. Elle découvre par ailleurs que la mutuelle n’a jamais reçu son chèque et que les associations en question n’ont jamais donné une preuve de réception des dons.

Après avoir effectué quelques recherches, la donatrice finit par comprendre que les trois chèques ont été encaissés par une autre personne. Celui encaissé pour 300 euros a été enregistré au magasin Leclerc de Limoges, à l’autre bout de la France. Elle décide donc aussitôt de contacter sa banque et de l’informer d’une suspicion de fraude, et demande que le chèque en question soit analysé. Par ailleurs, les autres associations lui confirment n’avoir jamais reçu les deux autres chèques.

Une fraude technique reconnue

En réaction, la banque prétend d’abord qu’il s’agit d’une erreur informatique et non d’une fraude, et refuse de récupérer le chèque pour l’analyser au motif qu’il s’agit d’un chèque de la Société générale, et non du Crédit mutuel, banque de la donatrice. Mais la donatrice de Montcenis n’accepte pas cette réponse, et continue son enquête. Après discussion, elle finit par découvrir que le chèque en question possède le même numéro à sept chiffres que celui des chèques de la donatrice, raison pour laquelle les 300 euros ont été prélevés sur son compte. Pour empêcher toute nouvelle arnaque, elle décide de faire opposition à son chéquier et d’en demander un autre.

Après avoir poursuivi ses recherches, la cliente apprend qu’il est possible d’imprimer des chèques soi-même, chez soi. De son côté, son banquier confirme que le chèque encaissé pour 300 euros possède bien les mêmes 31 chiffres que le chèque initial de 80 euros. «En 25 ans de service, mon banquier n’a jamais vu ça», explique-t-elle. La banque finit alors par reconnaître une fraude technique, et lui transmet une copie partielle du chèque en question grâce auquel elle apprend que le chèque «est domicilié à l’agence de Nantes» de la banque Société générale, qui restera injoignable. La cliente a finalement été remboursée par sa banque des 300 euros, et a porté plainte pour escroquerie.