
Il est aussi fantasque que très souvent contesté. Mais à 64 ans, Michael O'Leary n’a toujours pas perdu son franc-parler. En marge d’une visite en France dans le cadre de la signature d’un méga-contrat avec CFM, coentreprise de Safran, pour les moteurs de ses Boeing, le patron de Ryanair est apparu tout sourire avec un maillot du XV de France. A peine une semaine après la large victoire française dans le tournoi des VI Nations, le PDG de la compagnie low cost a rappelé avec humour au micro de BFMTV qu’il était «très difficile pour un Irlandais de revenir à Paris après la défaite que nous avons subie au Stade de France jeudi dernier».
Et si Michael O’Leary a rappelé qu’il aimait «la France et ses moteurs», il a été beaucoup plus critique quelques minutes plus tard en abordant les taxes sur le secteur aérien imposées en France. «Nous aimons la France. Nous voulons continuer à nous développer ici en France, mais le gouvernement continue d’augmenter les taxes sur les aéroports où nous voulons croître», a déploré le patron irlandais, fustigeant «une politique du gouvernement français vraiment erronée».
Nouveau coup de pression
Michael O’Leary fait le comparatif avec des pays comme la Suède, la Slovaquie ou l’Italie qui «suppriment les taxes sur le transport aérien tandis que la France les augmente». Raison pour laquelle Ryanair quitte de nombreux aéroports français. «Il est donc inévitable que de plus en plus de capacités soient déployées en dehors de la France vers ces pays qui baissent les taxes et les coûts», lâche-t-il au micro de BFMTV.
Le PDG de Ryanair appelle donc «le gouvernement français à supprimer ces taxes», car «elles nuisent au tourisme français, au trafic aérien, en particulier dans les régions qui ne connaissent pas une forte croissance». Et d’ajouter : «Nous pensons que la France doit suivre et adopter ce même modèle qui fonctionne ailleurs. Supprimer les taxes puis nous laisser faire et nous laisser nous développer.»
Déjà cinq aéroports fermés en France
Ryanair a déjà mis ses menaces à exécution. En novembre dernier, la compagnie low cost annonçait mettre fin à ses activités à Bergerac, Brive, Strasbourg et Vatry (Marne) tout en prévenant que d’autres aéroports régionaux français suivraient d’ici l’été 2026. Parmi eux, celui de Clermont-Ferrand, puisque Ryanair a décidé il y a deux semaines de mettre fin à ses liaisons au départ de l’aéroport de Clermont-Ferrand à partir du 27 mars.
L’aéroport opérait pourtant trois lignes régulières vers Porto, Fès et Londres. La France n’est pas la seule concernée par ces hausses de taxes. Fin décembre, face aux futures taxes annoncées en Belgique, Ryanair a indiqué qu’elle supprimerait dès l’hiver 2026-2027 environ un million de ses sièges en partance de la Belgique, qu’elle retirerait cinq avions basés et abandonnerait vingt de ses lignes. Le pays étant devenu «non compétitif».
>> Notre service - vol annulé / retardé, êtes-vous éligible à une indemnisation ?

















