
L’industrie européenne est en chute libre, ce qui inquiète Clément Beaune. Le haut-commissariat au Plan publie un rapport intitulé «l’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois». Sur le plateau de TF1, le haut-commissaire au Plan assume ces termes forts. Il assure que ces vingt dernières années, la France a vécu «une phase de désindustrialisation sous la pression de l’industrie chinoise du textile, hifi, etc». Cette phase ne serait d’ailleurs «pas terminée» et commune à l’Union européenne, «mais aussi plus encore en Allemagne».
Clément Beaune assure que les «coûts chinois sont 30 à 40% moins élevés que les coûts européens», avec en plus une véritable concurrence d’un point de vue qualitatif. Le haut-commissaire cite notamment l’exemple des voitures électriques. «Si on ne réagit pas face à ça par un bouclier commercial massif, c’est un danger de mort pour notre industrie en Europe en général», alerte-t-il. Pour lutter contre ce phénomène, il propose 30% de droits de douane sur les produits chinois, en plus de la taxe française sur les petits colis de deux euros, et la taxe européenne sur ces mêmes colis de trois euros.
Des produits pas chers, mais qui ont un coût important
Clément Beaune assure que cette concurrence chinoise est l’une des causes de la chute de l’industrie française et européenne. Il souhaite un plan de lutte généralisé, et non secteur par secteur, pour perdre le moins de temps possible : «On a des secteurs entiers qui parfois ont disparu. C’est des centaines de milliers d’emplois supprimés alors en quelques mois.». Il cite l’exemple des «panneaux solaires, on était leaders mondiaux jusqu’au début des années 2010, on a disparu nous Européens des radars, en trois ans».
Cette désindustrialisation a un fort impact sur l’emploi. Le haut-commissaire parle notamment de l’Allemagne où «10.000 emplois industriels ont été supprimés chaque mois». Il explique que les produits «sur Shein ou d’autres plateformes» sont «effectivement moins chers», mais qu’il faut que les consommateurs aient un emploi pour pouvoir les acheter. «Si demain vous avez des dizaines de milliers d’emplois qui sont supprimés dans le petit commerce, dans la mode, et dans toute l’industrie, le consommateur n’existera tout simplement plus», alerte-t-il enfin.



















