C'est un répit, certes. Mais un répit fragile. Mardi 7 avril, les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu de deux semaines, avec en contrepartie la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent près de 20 % du pétrole mondial. Cette accalmie a brièvement rassuré les marchés, après plusieurs semaines de fortes tensions sur l’approvisionnement énergétique. Mais, comme le souligne BMFTV, si l’Iran parvient à asseoir un contrôle durable sur Ormuz, c’est tout l’équilibre énergétique mondial qui pourrait vaciller. En seulement six semaines, la confiance dans la capacité des États-Unis à sécuriser cette artère maritime s’est érodée, au point que le trafic a chuté de 90 %.

Dans ce contexte, plusieurs puissances avancent leurs pions. La Chine, fortement dépendante du pétrole du Golfe, semble avoir anticipé le choc en multipliant les accords bilatéraux, notamment avec l’Iran. Pékin se positionne désormais comme un acteur diplomatique incontournable, revendiquant de nombreux échanges avec les protagonistes de la crise et cherchant à apparaître comme un médiateur crédible. La Russie, de son côté, profite directement de la hausse des prix du pétrole, qui renfloue ses finances fragilisées, et semble vouloir profiter de l'affaiblissement l’hégémonie américaine.

Vers une recomposition géopolitique ?

Certains experts redoutent même un scénario plus radical. Si l’Iran consolide son emprise sur Ormuz, il pourrait contrôler environ 20 % du pétrole mondial, auxquels s’ajoutent les 11 % liés à la Russie. Associée à la très forte demande chinoise, cette alliance de fait pourrait priver l'Occident de près de 30% de l'offre mondiale, selon les calculs de BFMTV. Un levier colossal. Pour le professeur Robert Pape, de l'Université de Chicago, cette évolution marquerait un tournant historique : «Un tel scénario provoquerait un déclin brutal de la puissance des Etats Unis et de l’Europe, et un basculement mondial vers la Chine, la Russie et l’Iran.»