Face aux tensions persistantes, l’Iran modifie les conditions de navigation dans le détroit d’Ormuz. Ce jeudi 9 avril, la marine des Gardiens de la Révolution a annoncé la mise en place de deux itinéraires alternatifs pour les navires, évoquant un risque lié à la présence possible de «mines» sur la route habituelle, rapporte RTL. «De manière à être protégés de possibles collisions avec des mines, en coordination avec la marine des Gardiens de la Révolution (….), jusqu'à nouvel ordre, [les navires] devront prendre des routes alternatives pour le trafic dans le détroit d'Ormuz», ont indiqué des médias iraniens citant un communiqué militaire, accompagné d’une carte détaillant ces nouveaux trajets.

Ces routes longent les côtes iraniennes, de part et d’autre de l’île de Larak. Pour pénétrer dans le Golfe depuis la mer d’Oman, les navires doivent désormais passer entre cette île et le littoral iranien. A la sortie, ils empruntent un passage situé au sud de Larak, délaissant le tracé habituel plus proche des côtes omanaises.

Une chute spectaculaire du trafic

Dans les faits, plusieurs navires ont déjà commencé à suivre ces itinéraires alternatifs, en restant dans les eaux territoriales iraniennes. Cette réorganisation intervient alors qu’un cessez-le-feu a été conclu entre les Etats-Unis et l’Iran dans la nuit de mardi à mercredi, permettant la réouverture du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, essentiel au commerce mondial d’hydrocarbures, avait été quasiment paralysé depuis le début du conflit, le 28 février, sous le contrôle de l’armée iranienne.

Les chiffres témoignent de l’ampleur de la perturbation : entre le 1er mars et le 7 avril, seuls 307 navires transportant des matières premières ont transité par la zone, soit une chute d’environ 95% par rapport à une période normale, selon les données de Kpler. Habituellement, près de 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux passent par ce corridor maritime, considéré comme l’un des points névralgiques du commerce énergétique mondial.